International
Pérou: couvre-feu de trois jours dans la région de Puno, épicentre des manifestations
10 janvier | Par AFP |
Le Pérou, plongé dans une grave crise institutionnelle et politique, a décrété mardi un couvre-feu de trois jours dans la région de Puno, à la frontière avec la Bolivie, où de violentes manifestations antigouvernementales ont fait 18 morts depuis lundi.
« Le Conseil des ministres a approuvé le décret » imposant un couvre-feu dans la région de Puno (sud) « pour une période de trois jours, de 20H00 à 04H00 », a annoncé le Premier ministre Alberto Otarola lors d’une session plénière du Parlement.
Les manifestants réclament notamment la démission de Dina Boluarte, arrivée à la tête du Pérou après la destitution et l’arrestation le 7 décembre du socialiste Pedro Castillo.
Les manifestations, qui ont fait 40 morts en un mois, se poursuivaient mardi avec des blocages de routes dans six régions du pays. Des piquets de grève perturbent le trafic routier dans les régions de Puno, Cusco, Apurimac, Arequipa et Madre de Dios, dans le sud du pays, ainsi que dans la région Amazonas, dans le nord. Les autorités ont fait état au total de 53 tronçons routiers bloqués.
Dans la région d’Ayacucho, dans le sud des Andes, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville de Huamanga.
L’épicentre des protestations reste cependant la région aymara (peuple amérindien) de Puno, à la frontière avec la Bolivie et sur les rives du lac Titicaca, où des pillages de magasins et des attaques contre des véhicules de police ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi.
Dans cette région où une grève illimitée a été décrétée le 4 janvier, au moins 14 personnes ont perdu la vie lundi lors de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants près de l’aéroport de Juliaca.
« Plus de 9.000 personnes se sont approchées de l’aéroport de Juliaca et environ 2.000 d’entre elles ont lancé une attaque sans merci contre la police et les installations », avait déploré lundi M. Otarola, évoquant une « situation extrême ».
Trois autres personnes sont mortes lors du pillage dans la nuit de lundi à mardi d’un centre commercial de cette ville située à 1.300 km au sud de Lima. Un policier a également été retrouvé mort mardi après l’attaque contre son véhicule, selon la police locale.
Trois jours de deuil
Dans un communiqué mardi, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU se dit « très préoccupé par la montée de la violence au Pérou » et appelle « les manifestants à faire preuve de retenue » et la police à « veiller à ce que la force ne soit utilisée que lorsqu’elle est strictement nécessaire ».
« Nous sommes entre les mains de la barbarie », a dénoncé le cardinal et archevêque de Huancayo, Pedro Barreto, à la radio RPP, tandis que la médiatrice du peuple, Eliana Revollar, a estimé que « la violence atteint vraiment des niveaux insoupçonnés ».
A Juliaca, des dizaines de familles de victimes vêtues de noir font la queue à la morgue pour recevoir le corps d’un proche. « Mon frère est mort parce qu’il a été abattu, il a été tué par la police », dit un homme à la radio La Decana.
Le gouvernement régional de Puno a décrété trois jours de deuil mardi, tout en appelant à la démission de la présidente Dina Boluarte. Une marche organisée dans la région par plusieurs collectifs de citoyens et de paysans doit arriver dans la capitale Lima aux environs du 12 janvier.
Ces décès portent à 40 le nombre de personnes mortes au cours des manifestations antigouvernementales depuis près d’un mois.
Outre la démission de Dina Boluarte, les manifestants exigent un nouveau Parlement et la tenue immédiate d’élections, déjà avancées de 2026 à avril 2024.
Bien qu’issue du même parti d’inspiration marxiste (Peru Libre) de l’ancien président Castillo, Dina Boluarte est considérée comme une « traîtresse » par les manifestants.
C’est dans ce contexte que le gouvernement se présente mardi devant le Parlement, contrôlé par la droite, pour demander un vote de confiance, une exigence constitutionnelle pour pouvoir rester en fonction.
Le Pérou doit recevoir mercredi une mission de la Commission interaméricaine des droits de l’Homme, dépêchée dans le pays pour enquêter sur les manifestations et la réponse des forces de l’ordre.
Dina Boluarte est la sixième personne à occuper la présidence en cinq ans, dans un pays qui connaît une crise politique permanente émaillée de soupçons de corruption.
International
Washington se dit confiant quant à une solution négociée sur le Groenland
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mercredi être confiant quant à la possibilité de parvenir à une solution « satisfaisante pour toutes les parties » concernant le Groenland, après que le président Donald Trump a promis l’ouverture de négociations sur ce territoire.
« Il y aura des réunions techniques entre nous et nos partenaires au Groenland et au Danemark sur cette question, et je pense que nous avons lancé un processus qui mènera à un résultat positif pour tous », a affirmé Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.
Donald Trump a récemment secoué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en évoquant la possibilité de prendre le contrôle du Groenland, un territoire autonome danois stratégiquement situé et riche en ressources minérales, que le président américain juge essentiel à la sécurité des États-Unis.
Le dirigeant républicain accuse le Danemark et plusieurs pays européens membres de l’alliance de ne pas assurer une protection suffisante de l’île face aux ambitions de la Russie et de la Chine.
Après avoir répété pendant plusieurs semaines son souhait d’annexer le Groenland aux États-Unis, y compris par le recours à la force, Trump a toutefois annoncé le 21 janvier, lors du Forum économique mondial de Davos, l’existence d’« un cadre pour un futur accord » sur l’île arctique, élaboré avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
International
Des agents fédéraux de l’immigration suspendus après la mort d’un manifestant à Minneapolis
Les agents fédéraux de l’immigration impliqués dans la mort par balle d’un manifestant à Minneapolis ont été suspendus de leurs fonctions, ont rapporté mercredi des médias américains, alors que les critiques contre le président Donald Trump s’intensifient pour avoir défendu les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Selon des sources, au moins deux agents qui ont ouvert le feu samedi dernier sur Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, ont été placés en congé administratif dans le cadre de la procédure standard après l’incident. Pretti avait été abattu après avoir été immobilisé au sol par plusieurs agents de l’ICE, rapportent les médias.
La mort de Pretti survient quelques semaines après un autre décès similaire, celui de Renée Good, également tuée par un agent de l’immigration le 7 janvier à Minneapolis, ce qui a alimenté une vague de manifestations et de critiques nationales contre les tactiques des autorités fédérales.
Un porte-parole de l’ICE a indiqué qu’il s’agissait d’un « protocole standard », tout en précisant que les agents avaient été suspendus dans l’attente d’une enquête approfondie.
Amérique centrale
Le débat sur l’état d’exception divise les candidats à la présidentielle au Costa Rica
La possible mise en place d’un état d’exception pour lutter contre le narcotrafic au Costa Rica, un pays historiquement reconnu pour sa défense de la paix et de la démocratie, a divisé ce lundi six des principaux candidats à l’élection présidentielle lors de l’un des derniers débats avant le scrutin prévu le 1er février.
La candidate du parti au pouvoir, Laura Fernández, du Parti Pueblo Soberano (droite) et favorite des derniers sondages, a défendu sa proposition d’instaurer un état d’exception dans les zones les plus touchées par la criminalité. Elle a insisté sur la nécessité d’obtenir une majorité législative de 40 députés (majorité qualifiée plus un) afin de pouvoir appliquer cette mesure.
« Je n’hésiterai pas à prendre les décisions nécessaires pour rétablir la paix dans les foyers du Costa Rica, remplis de gens honnêtes », a déclaré Fernández lors du débat organisé par Radio Columbia et l’Université Latine. Elle a précisé que son plan de gouvernement prévoit la suspension de certaines garanties constitutionnelles.
Selon la candidate officielle, la levée des garanties est prévue par la Constitution politique et permettrait, « par une procédure spéciale et extraordinaire, de neutraliser des criminels déjà identifiés, dont on connaît les quartiers de résidence et les modes d’opération ».
En revanche, la candidate du centre-gauche de la Coalition Agenda Ciudadana et ancienne première dame (2018-2022), Claudia Dobles, ainsi que le candidat du Parti de la libération nationale (social-démocrate), Álvaro Ramos, et celui du Front élargi (gauche), Ariel Robles, ont exprimé leur opposition à toute restriction des libertés individuelles.
Ces candidats ont plaidé pour des stratégies préventives, un renforcement de la présence policière dans les communautés et l’utilisation du renseignement. « Il faut offrir des opportunités et investir dans l’éducation pour que nos jeunes ne tombent pas entre les mains du crime organisé », a affirmé Dobles, qui a également évoqué le recours à la technologie et à des opérations policières ciblées.
De son côté, Ramos a estimé que « la sécurité se rétablit non pas en retirant des libertés aux citoyens respectueux des lois, mais en réinvestissant », tandis que Robles a dénoncé la levée des garanties comme « une attaque contre la population ».
Le Costa Rica a enregistré en 2025 un total de 873 homicides, soit la troisième année la plus violente de son histoire, avec un taux de 16,7 homicides pour 100 000 habitants. Selon les autorités, 69 % de ces crimes sont liés à des assassinats commandités dans le cadre de rivalités entre bandes de narcotrafiquants.
En 2024, le pays avait comptabilisé 876 homicides, tandis que le record historique a été atteint en 2023 avec 905 meurtres, dépassant le précédent sommet de 654 homicides enregistré en 2022.
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