Amérique centrale
La CIDH demande au Nicaragua de révéler où se trouve l’évêque Abelardo Mata
La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a demandé jeudi au gouvernement du Nicaragua de fournir des informations sur le lieu où se trouve Abelardo Mata, évêque émérite de 80 ans et figure critique du gouvernement.
Selon la CIDH, Mgr Mata a été arrêté le 29 juin avec d’autres responsables religieux. Les autorités ont annoncé sa libération le 4 juillet, mais aucune information indépendante n’a depuis permis de confirmer où il se trouve ni son état de santé.
« Bien que le ministère de l’Intérieur ait indiqué le 4 juillet que l’évêque faisait l’objet d’une enquête, il n’existe à ce jour aucune information indépendante permettant de vérifier son lieu de détention ou son état de santé », a indiqué la CIDH, soulignant que la situation est particulièrement préoccupante en raison de son âge et de problèmes de santé préexistants.
La Commission dispose d’un Mécanisme spécial de suivi pour le Nicaragua, un pays qu’elle considère comme l’un des plus préoccupants d’Amérique latine en matière de respect des droits humains.
Ce mécanisme a également reçu des plaintes concernant un « grave harcèlement, une surveillance constante et d’autres représailles » visant Jeffer Chavarria, représentant légal de Mgr Mata devant le Système interaméricain des droits de l’homme.
Dans son communiqué, la CIDH a dénoncé le fait que les autorités nicaraguayennes dissimulent le sort des personnes arrêtées arbitrairement.
« La CIDH condamne l’utilisation de la dissimulation du sort des personnes détenues arbitrairement comme l’un des mécanismes les plus graves de la répression employée pour réduire au silence les voix critiques », a déclaré l’organisme.
La Commission rappelle enfin que, depuis 2018, elle a documenté un schéma systématique de persécutions visant des évêques, des prêtres, des religieux et des fidèles au Nicaragua.
Amérique centrale
Des milliers d’avocats privés d’autorisation au Nicaragua : l’ONU alerte sur une « épuration silencieuse »
L’annulation massive de licences professionnelles d’avocats au Nicaragua révèle une nouvelle vague de restrictions visant des juristes considérés comme critiques envers le gouvernement et met en lumière les difficultés croissantes pour garantir une défense juridique indépendante dans les pays dirigés par des régimes autoritaires.
De nombreux avocats nicaraguayens ont récemment découvert que leurs autorisations professionnelles avaient été retirées du registre de la Cour suprême de justice, une mesure qui les empêche d’exercer leur métier et qui affecte, selon plusieurs d’entre eux, la possibilité d’assurer une représentation juridique indépendante.
Le gouvernement des coprésidents Daniel Ortega et Rosario Murillo utilise « le contrôle du registre des avocats et des notaires pour punir des personnes considérées comme opposantes ou indépendantes », a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une avocate nicaraguayenne exilée dont le nom a été supprimé du registre.
Le quotidien nicaraguayen La Prensa, publié depuis l’exil, a estimé qu’environ 2 000 licences d’avocats auraient été annulées. L’AFP n’a toutefois pas pu vérifier ce chiffre de manière indépendante.
Un ancien haut responsable du pouvoir judiciaire a indiqué à l’AFP que le Nicaragua comptait environ 40 000 juristes et estimé que « des centaines » d’entre eux auraient pu être exclus pour des raisons politiques, tandis que d’autres cas pourraient être liés à des irrégularités professionnelles.
Plusieurs avocats exilés ont expliqué avoir découvert la suppression de leur autorisation lorsqu’ils ont tenté d’effectuer des démarches administratives ou d’accéder à la plateforme numérique de consultation des dossiers judiciaires.
Un groupe d’experts des Nations unies sur le Nicaragua a dénoncé lundi ce qu’il considère comme une « épuration silencieuse » et « un clou supplémentaire dans le cercueil de l’indépendance de la justice » dans le pays.
Ces nouvelles mesures renforcent les préoccupations internationales concernant l’état de droit et l’accès à une justice indépendante au Nicaragua.
Amérique centrale
Le Honduras met aux enchères son avion présidentiel dans le cadre d’une politique d’austérité
Le gouvernement du Honduras mettra aux enchères ce vendredi son avion présidentiel, un appareil dont l’acquisition et les coûts d’entretien ont été entourés de controverses et d’accusations de corruption. Les autorités présentent cette vente comme une mesure destinée à réduire les dépenses publiques.
L’appareil, un Embraer Legacy 600, avait été acheté pour 14 millions de dollars durant le premier mandat de l’ancien président Juan Orlando Hernández (2014-2022). Selon le ministère de la Défense, sept personnes ou entreprises, honduriennes et étrangères, ont déjà manifesté leur intérêt pour participer à la vente.
Cette annonce intervient alors que Juan Orlando Hernández doit rentrer au Honduras le 26 juillet, après avoir été gracié l’année dernière par le président américain Donald Trump, qui avait annulé une peine de 45 ans de prison prononcée contre lui pour trafic de drogue. À son retour, l’ancien chef de l’État devra répondre à une affaire de corruption distincte de celle liée à l’avion.
Selon la Cour des comptes hondurienne, une partie du financement de l’appareil provenait de dons accordés par Taïwan, initialement destinés à l’achat d’un avion militaire, d’une flotte d’hélicoptères et de quarante ambulances.
Une enquête du Conseil national anticorruption (CNA) indique également que l’État a dépensé environ 11 millions de dollars en pièces de rechange et en maintenance entre 2015 et 2022. L’organisme affirme que l’avion aurait été utilisé pour des déplacements de luxe à caractère non officiel.
Si le prix de départ de la vente n’a pas été rendu public, plusieurs médias honduriens estiment que le gouvernement espère obtenir environ 5 millions de dollars.
Dans un communiqué publié mercredi, la Direction des biens de l’État a indiqué que les fonds issus de cette vente seront consacrés au renforcement du système de santé.
Le gouvernement précise enfin que cette décision s’inscrit dans les politiques d’austérité défendues par le président Nasry Asfura, qui estime que le pays n’a pas besoin de conserver cet appareil officiel.
Amérique centrale
La pénurie d’eau accentue les tensions sociales au Honduras, avertissent des spécialistes
Le Honduras enregistre au moins un conflit social par jour, la majorité étant liée aux différends concernant l’environnement, les terres et l’accès à l’eau, a alerté mardi Marjorie Echenique, directrice de l’Institut universitaire de démocratie, paix et sécurité (IUDPAS) de l’Université nationale autonome du Honduras (UNAH).
L’universitaire a appelé à s’attaquer aux causes structurelles de ces tensions et à garantir un accès plus équitable à l’eau dans un pays particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique et des inégalités sociales.
« Nous ne prêtons pas suffisamment attention à cette question. Dans un pays aussi vulnérable sur les plans environnemental et social que le Honduras, la pénurie d’une ressource aussi essentielle que l’eau doit être au cœur de nos analyses », a déclaré Echenique à EFE.
Elle a souligné que les défis du pays ne se limitent pas à la violence, aux armes, au crime organisé ou aux gangs, mais concernent également les conflits liés à la durabilité environnementale, à l’accès équitable à l’eau et à l’inclusion sociale.
Ses déclarations ont été faites lors de l’ouverture du Symposium international « Construction de la paix communautaire : autonomisation pacifiste, violences et déplacement forcé », où elle a insisté sur la nécessité d’un dialogue entre tous les secteurs de la société afin d’identifier et de traiter les causes profondes des conflits.
Echenique a également plaidé pour des politiques publiques accordant une attention particulière aux mères célibataires, aux femmes chefs de famille, aux personnes en situation de handicap et aux populations les plus vulnérables, afin de leur garantir un meilleur accès à l’eau et aux autres ressources essentielles.
Au Honduras, des milliers de familles, principalement à faibles revenus, vivant dans de grandes villes comme Tegucigalpa, ne disposent pas d’un accès direct à l’eau potable et sont contraintes d’en acheter à des prix élevés.
La capitale connaît chaque année de graves pénuries d’eau, aggravées par le changement climatique. Cette année, le niveau des principaux réservoirs a fortement diminué, poussant les autorités à renforcer les mesures de rationnement. Les habitants ne recevront désormais de l’eau qu’une fois tous les neuf jours.
Le symposium, qui s’achève mercredi, est organisé par l’UNAH, par l’intermédiaire de l’IUDPAS de la Faculté des sciences sociales, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’événement constitue un espace de réflexion sur les défis et les opportunités liés à la construction de la paix dans les communautés touchées par la violence et les déplacements forcés.
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