International
L’ONU dénonce l’abandon des familles des disparus du conflit armé au Guatemala
Le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires a dénoncé jeudi la situation d’abandon dans laquelle se trouvent, depuis plus de quarante ans, les victimes et les familles des quelque 45 000 personnes disparues durant le conflit armé interne au Guatemala (1960-1996).
À l’issue d’une mission officielle menée du 23 juin au 2 juillet, les expertes Aua Baldé et Ana Lorena Delgadillo ont averti, lors d’une conférence de presse, d’un recul de la justice transitionnelle observé au cours des huit dernières années. Elles attribuent cette situation au démantèlement progressif des institutions chargées de la paix sous les présidences de Jimmy Morales (2016-2020) et Alejandro Giammattei (2020-2024).
« Ce que nous avons constaté, c’est l’abandon total dans lequel vivent ces familles depuis plus de quarante ans », a déclaré Ana Lorena Delgadillo. Elle a également critiqué les mesures mises en œuvre sous le mandat de l’ancienne procureure générale Consuelo Porras Argueta, qui a quitté ses fonctions en mai dernier, accusée d’avoir entravé les exhumations des victimes du conflit et imposé de lourdes démarches administratives aux familles.
Pour sa part, Aua Baldé a souligné que l’absence de soutien et de protection de l’État a contraint de nombreuses familles à mener elles-mêmes les recherches et les enquêtes sur leurs proches disparus, avec de lourdes conséquences sur leurs droits économiques, sociaux et culturels.
Les expertes ont également indiqué qu’au cours d’une inspection dans une installation militaire située dans le département de Petén, au nord du pays, elles ont constaté la construction d’infrastructures civiles sur un site où pourraient se trouver des restes humains. Elles ont demandé la suspension immédiate des travaux afin de préserver d’éventuels cimetières clandestins.
Tout en saluant les initiatives du gouvernement actuel visant à créer un mécanisme humanitaire de recherche des personnes disparues, le Groupe de travail estime que le manque de coordination entre les différents ministères et services médico-légaux complique les démarches des familles, qui ne savent pas vers quelle institution se tourner. Cette fragmentation freine également les recherches concernant les personnes disparues sur les routes migratoires.
Les expertes ont recommandé au président Bernardo Arévalo de León de donner des instructions afin que toutes les institutions publiques localisent, organisent et protègent les archives relatives au conflit armé, avec pour objectif de les reconnaître comme patrimoine culturel national.
La délégation internationale a également demandé l’ouverture définitive des archives détenues par l’armée, un accès sans restriction aux anciennes installations militaires ainsi qu’un renforcement des moyens et du statut institutionnel de la Commission présidentielle pour la paix et les droits humains (Copade), afin d’améliorer les efforts de recherche, de réparation et de mise en œuvre des décisions des juridictions internationales en faveur des victimes.
Cette visite intervient à quelques mois du 30e anniversaire des Accords de paix, signés en décembre 1996, qui ont mis fin à 36 années de conflit armé interne ayant fait plus de 200 000 morts et 45 000 disparus.
International
Téhéran offre jusqu’à 60 000 dollars pour tuer ou capturer des militaires américains
L’armée iranienne a annoncé dimanche une récompense de 30 000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, un montant qui serait porté à 60 000 dollars si l’opération était menée par une femme.
Le chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a expliqué que cette initiative avait été lancée en réponse au « grand nombre de demandes » de personnes souhaitant participer au financement de cette opération, selon l’agence de presse officielle IRNA.
Aucun déploiement de forces terrestres américaines en Iran n’a été signalé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, à l’exception d’une mission de sauvetage menée en avril pour récupérer un pilote américain abattu.
Amir Hatami n’a pas précisé où ni quand d’éventuelles opérations visant des militaires américains pourraient avoir lieu.
Des affrontements sporadiques entre Washington et Téhéran
La guerre entre l’Iran et les États-Unis a débuté le 28 février, après des frappes menées par les forces américaines et israéliennes contre des cibles situées sur le territoire iranien.
Après près de 40 jours de combats, un cessez-le-feu a été conclu en avril. En juin, les deux pays étaient parvenus à établir un cadre pour engager des discussions de paix, mais ces efforts ont ensuite échoué.
Depuis, l’Iran et les États-Unis ont continué à échanger sporadiquement des tirs. Les affrontements se sont principalement concentrés dans le sud de l’Iran et dans la zone entourant le détroit d’Ormuz.
La nouvelle annonce de l’armée iranienne intervient ainsi dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, malgré les précédentes tentatives de parvenir à un règlement diplomatique.
International
Les États-Unis et le Mexique organisent des exercices de sécurité à la frontière
Les forces des États-Unis et du Mexique ont mené jeudi des exercices conjoints de sécurité dans la zone frontalière entre El Paso, au Texas, et Ciudad Juárez, dans l’État de Chihuahua, une région où opère le cartel de Juárez, récemment désigné comme organisation terroriste par Washington.
L’administration du président américain Donald Trump a ajouté, il y a un mois, le cartel de Juárez à sa liste des organisations criminelles désignées comme terroristes. Le groupe a été considéré pendant des années comme l’un des plus puissants du Mexique.
Du côté américain, les exercices ont été dirigés par la Police des frontières et le Service de l’immigration et des douanes (ICE), tandis que des militaires et des membres de la Garde nationale ont participé aux opérations du côté mexicain.
« Nous voulons leur montrer que nous sommes tous unis », a déclaré aux journalistes Roberto Domínguez, chef adjoint de la Police des frontières à El Paso.
Le responsable a également affirmé que « la frontière est plus sûre que jamais » et a souligné la coopération avec les autorités mexicaines pour lutter contre le trafic de drogue et le trafic de migrants, ainsi que pour traduire en justice les personnes impliquées dans ces activités.
Au cours de la démonstration, de nombreux véhicules de police et militaires des deux pays ont parcouru les chemins de terre longeant le Rio Grande, qui constitue une partie de la frontière entre les deux pays.
La zone fait l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités américaines. À quelques mètres du cours d’eau se trouve une barrière métallique construite par les États-Unis pour empêcher le passage irrégulier de migrants.
Ces exercices se sont déroulés dans un contexte de coopération accrue en matière de sécurité entre Washington et Mexico, notamment dans la lutte contre le trafic de drogue, le trafic de migrants et les organisations criminelles opérant dans la région frontalière.
International
Le Conseil constitutionnel français censure l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
Le Conseil constitutionnel français a estimé que l’article 1 d’une loi visant à protéger les mineurs contre les risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux porte une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication des moins de 15 ans.
Saisi fin juillet par des députés socialistes et de gauche radicale, le Conseil constitutionnel a considéré que l’interdiction prévue par cet article n’était « ni adaptée, ni nécessaire, ni proportionnée » aux objectifs poursuivis.
L’institution reconnaît toutefois « l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant ». Elle estime néanmoins que l’interdiction générale envisagée pourrait s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas suffisamment établis.
Le texte, qui devait entrer en vigueur le 1er septembre, prévoyait d’interdire aux moins de 15 ans l’accès à plusieurs réseaux sociaux, notamment TikTok, Snapchat, X et Instagram. Il visait également certaines fonctionnalités de communication de plateformes comme YouTube, ainsi que des services de messagerie tels que WhatsApp et Messenger et certains jeux vidéo en ligne.
La loi prévoyait des exceptions, notamment pour les encyclopédies en ligne et les sites à vocation éducative ou scientifique. Cependant, le Conseil constitutionnel a estimé que ces exceptions demeuraient trop limitées.
À la suite de cette décision, le président français Emmanuel Macron a demandé au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de travailler dans les meilleurs délais à une nouvelle rédaction du texte, juridiquement solide et conforme aux observations du Conseil constitutionnel.
La présidence française a néanmoins assuré que son engagement en faveur de cette législation restait total et que l’objectif demeurait de faire adopter une nouvelle version d’ici au printemps 2027.
La France s’inscrit dans un mouvement international visant à limiter l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. L’Australie est devenue fin 2025 le premier pays à interdire ces plateformes aux moins de 16 ans. D’autres pays, notamment le Brésil, l’Indonésie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, ont depuis adopté ou envisagent des mesures similaires.
De son côté, la Commission européenne a annoncé en juillet son intention de mettre en place un accès « progressif et graduel » des mineurs aux réseaux sociaux.
Le Conseil constitutionnel ne s’est prononcé que sur l’article 1 de la loi. Sa décision ne concerne donc pas l’autre mesure prévue par le texte, à savoir l’interdiction du téléphone portable dans les établissements secondaires à partir du 1er septembre.
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