International
Préservation du jaguar : un enjeu écologique et financier selon le WWF
La préservation des quinze principaux habitats du jaguar dans quatorze pays d’Amérique latine pourrait générer des services environnementaux d’une valeur allant jusqu’à 4 milliards de dollars par an, soit six fois plus que les revenus générés par les activités économiques dans ces mêmes zones, selon une étude du WWF.
Ce rapport, publié ce jeudi par l’organisation écologique internationale à la veille de la Journée internationale du jaguar, évalue l’importance des habitats stratégiques pour ce félin menacé d’extinction. Il conclut que la conservation de ces quinze paysages, combinée au développement de projets durables, pourrait générer entre 1,5 et 4 milliards de dollars par an.
Ces zones ont été sélectionnées pour leur importance écologique pour l’espèce et leur capacité à maintenir des populations saines de jaguars, ainsi que pour offrir des services environnementaux vitaux.
Selon le WWF, ces territoires couvrent une superficie totale de 2,44 millions de kilomètres carrés et abritent une population de 62 millions de personnes dans des pays comme le Mexique, le Belize, le Guatemala, le Salvador, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, l’Argentine, le Paraguay, le Brésil, la Guyane et le Suriname.
Parmi les zones identifiées figurent des parties spécifiques du Pantanal, de l’Amazonie, de la Selva Maya, de la vallée du Putumayo, du Chaco, de l’Impenetrable, des Missions et de la Forêt Atlantique brésilienne.
D’après les calculs du WWF, les différentes activités économiques dans ces régions, dont 48,5 % sont déjà protégées, génèrent actuellement des revenus annuels d’environ 708,3 millions de dollars. Cependant, en se concentrant sur les services écosystémiques — approvisionnement, régulation et culture (écotourisme et loisirs) — ces zones pourraient générer entre 15 800 et 22 200 dollars par hectare.
Ces services incluent la production durable d’aliments, de bois et de ressources génétiques, l’approvisionnement en eau et la génération de crédits carbone.
« Le jaguar est bien plus qu’un symbole culturel. Il représente une ressource stratégique pour la stabilité environnementale et économique de la région », a déclaré Roberto Troya, directeur pour l’Amérique latine et les Caraïbes du WWF.
L’organisation souligne que ce rapport démontre aux gouvernements, entreprises et institutions financières qu’investir dans la conservation des habitats du jaguar n’est pas seulement une obligation environnementale, mais aussi une stratégie économique à forte valeur ajoutée.
Selon le WWF, le plus grand félin d’Amérique est gravement menacé, ayant perdu près de 50 % de son habitat à cause de la chasse, de la déforestation, des incendies de forêt, de l’expansion agricole et des changements climatiques. Il resterait actuellement environ 173 000 jaguars répartis dans 18 pays d’Amérique latine.
International
Washington ferait pression pour le départ de Díaz-Canel dans les négociations avec Cuba
L’administration du président américain Donald Trump aurait demandé au dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel de quitter le pouvoir comme condition pour réaliser des avancées significatives dans les բանակցations entre les États-Unis et Cuba, selon des sources proches des discussions citées par The New York Times.
D’après au moins quatre personnes familières avec les pourparlers, Washington chercherait à accentuer la pression en faveur du départ de Díaz-Canel, sans pour autant promouvoir un changement complet de régime. L’objectif serait de maintenir la structure du gouvernement communiste tout en laissant au peuple cubain le soin de décider ultérieurement de son avenir politique.
Selon ces sources, les responsables américains ont fait savoir aux négociateurs cubains que le maintien du dirigeant constitue un obstacle majeur à la conclusion d’accords. Des négociations que Díaz-Canel lui-même a récemment reconnu être en cours.
Au sein de l’administration Trump, certains responsables estiment que le départ de Díaz-Canel pourrait faciliter des réformes économiques structurelles, celui-ci étant perçu comme un dirigeant de ligne dure peu enclin à impulser des changements.
Si elle se concrétise, cette mesure représenterait le premier grand bouleversement politique issu des négociations bilatérales entamées il y a plusieurs mois.
Elle constituerait également une victoire symbolique pour Trump, qui pourrait présenter cet événement comme la chute d’un autre dirigeant de gauche dans la région, après ce qui s’est produit au Venezuela.
Cependant, cette stratégie pourrait ne pas satisfaire les secteurs les plus conservateurs de l’exil cubain aux États-Unis, qui réclament des transformations politiques plus profondes sur l’île.
International
Rosa María Payá affirme que Cuba n’a pas besoin du régime pour une transition démocratique
L’opposante cubaine Rosa María Payá a affirmé, dans une interview accordée à l’agence EFE, que Cuba n’a pas besoin de figures issues du pouvoir en place pour mener une transition vers la démocratie.
Selon elle, la société civile et l’opposition, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’île, se sont déjà préparées à un éventuel changement politique, estimant que le régime « ne se transformera pas de lui-même ».
S’exprimant depuis Miami, Payá a déclaré : « Il n’est pas nécessaire d’avoir une figure comme Delcy Rodríguez à Cuba. Le processus que nous avons mené depuis les organisations civiques et d’opposition vise précisément à disposer d’une équipe de transition capable de diriger une période provisoire et de conduire le pays vers des élections libres. »
Fille de l’opposant historique Oswaldo Payá (1952-2012), elle a souligné que les Cubains n’ont pas besoin d’une figure similaire à celle du Venezuela pour encadrer un éventuel changement de pouvoir.
L’opposante a également appelé le président Donald Trump à maintenir la pression sur le gouvernement de Miguel Díaz-Canel, tout en exprimant l’espoir que les relations entre les deux pays contribuent à une ouverture politique sur l’île, dans un contexte de crise énergétique aggravée.
Payá a estimé que les conditions sont réunies pour une transformation politique, évoquant notamment « la demande claire de changement exprimée par la population cubaine ».
Toutefois, elle a exprimé sa méfiance face aux initiatives récentes du gouvernement cubain, notamment la proposition d’autoriser les Cubains vivant à l’étranger à investir dans des entreprises privées.
« Les Cubains ne veulent pas d’un faux changement. Ils ne veulent pas que la famille Castro et le groupe de généraux au pouvoir continuent de gagner du temps et de tromper le monde », a-t-elle conclu.
International
Des ONG dénoncent des abus de l’armée équatorienne dans la lutte contre le narcotrafic
Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé des abus présumés commis par les Forces armées équatoriennes, déployées dans les rues depuis 2024 dans le cadre de la politique sécuritaire contre le narcotrafic menée par le président Daniel Noboa.
Le Ministère public équatorien a ouvert une enquête sur « la mort d’un citoyen survenue lors d’une opération menée » lundi par des militaires dans la ville de Milagro, située dans la province de Guayas (sud-ouest).
Selon le parquet, « la victime aurait été agressée physiquement et électrocutée par du personnel militaire », d’après une publication sur le réseau social X.
La province de Guayas, ainsi que les provinces côtières de Los Ríos, Santo Domingo de los Tsáchilas et El Oro, est soumise à un couvre-feu nocturne dans le cadre d’une nouvelle offensive contre le crime organisé. Cette opération inclut le déploiement d’environ 75 000 agents, avec le soutien de États-Unis.
Les Forces armées équatoriennes n’ont pas encore réagi à ces accusations.
Selon Amnesty International, le parquet équatorien a reçu des plaintes concernant la disparition forcée présumée d’une cinquantaine de personnes depuis 2023, année où Daniel Noboa est arrivé au pouvoir.
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