International
La désinformation au Brésil source de souffrance et disputes dans les familles
23 janvier | Par AFP | Rodrigo Almonacid |
La désinformation massive au Brésil, souvent source de disputes dans les familles, « contamine » de nombreux Brésiliens qui souffrent d’insomnies, d’anxiété ou autres attaques de panique.
Cirlene, une avocate de Sao Paulo de 31 ans, qui s’exprime sous couvert d’anonymat, explique que son père, un agent immobilier de 63 ans, a souffert d’insomnie à cause de « l’énorme quantité de fausses nouvelles » diffusées sur les réseaux sociaux ces derniers mois.
Après l’attaque de partisans radicaux de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro contre les centres du pouvoir à Brasilia le 8 janvier, il a fini par quitter le réseau WhatsApp, où il puisait ses informations.
Les émeutiers, refusant la victoire électorale sur le fil du nouveau dirigeant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, ont saccagé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême. Plus de 2.000 d’entre eux ont été arrêtés immédiatement après.
« Nous lui avons parlé, parce qu’il a commencé à être malade, il était vraiment paranoïaque, croyant que des gens allaient entrer dans sa maison, que l’argent de son compte bancaire allait être gelé », raconte l’avocate.
« Des amis à lui avaient des crises de panique », poursuit-elle, évoquant également les violentes disputes entre elle et son père lorsque la discussion glissait vers la politique.
« Il croyait que Lula ne pourrait pas prendre le pouvoir parce que quelque chose allait se passer », explique-t-elle.
Les spécialistes soulignent les effets sur la santé des fausses informations, tout en mettant en garde contre le manque d’études sur le sujet.
« Santé mentale »
« Ce que nous voyons maintenant, c’est que cette pollution de l’information affecte la santé mentale et aussi la santé (en général) de la personne », explique Patricia Blanco, présidente de l’Institut Palavra Aberta, qui développe des programmes d’éducation aux médias pour les plus de 60 ans.
Bien que personne ne soit à l’abri des « fake news », selon elle, les personnes âgées sont les « plus vulnérables » car elles ont vécu avec un mode de consommation de l’information différent, avec des médias solides et crédibles.
Luana raconte que sa mère, une enseignante à la retraite de 80 ans, souffrait également d’insomnies parce qu’elle craignait que des sans-abri s’installent dans son appartement de São Paulo dans le cadre d’un prétendu « plan » de Lula.
Pendant la campagne électorale l’année dernière, une fausse information a circulé selon laquelle la victoire du candidat de gauche obligerait certains Brésiliens à loger des familles sans-abri.
« Le jour de l’An, elle s’est habillée en blanc parce que ce qu’elle voulait le plus, c’était la paix, parce qu’elle n’était plus jamais en paix. La pauvre, et c’est vrai: son anxiété est constante », témoigne Luana, une gestionnaire de 54 ans, qui ne souhaite pas non plus être identifiée.
Ayant toujours été de droite, sa mère s’est rapprochée de Jair Bolsonaro lorsqu’il était encore au gouvernement. Et les groupes sur les réseaux sociaux, comme WhatsApp ou Telegram, largement utilisés par les bolsonaristes, sont devenus sa source d’information.
C’est comme ça qu’elle a eu vent des supposés « plans » de Lula pour loger des sans-abri, parmi d’autres initiatives farfelues destinées supposément à transformer le géant latino-américain en un pays communiste, un chiffon rouge souvent agité par l’ancien président d’extrême droite.
« Les gens sont très critiqués (pour croire aux fausses informations, ndlr), mais il y a aussi une part de souffrance », souligne la quinquagénaire.
La diffusion de fausses informations a laissé penser à de nombreux Brésiliens que l’attaque des lieux de pouvoir le 8 janvier était justifiée, estiment les experts.
Pour Leonardo Nascimento, expert en sociologie numérique à l’Université fédérale de Bahia, la lutte contre les « fake news » passe par des campagnes d’éducation et le renforcement des médias.
Lula s’est engagé à lutter contre la désinformation qui sévit au Brésil depuis des années, et dont les experts s’accordent à dire qu’elle a eu un impact sur les résultats des élections de 2018 remportées par Jair Bolsonaro.
Elle a également porté atteinte à la lutte contre le Covid-19, qui a fait 697.000 morts dans le pays et que Jair Bolsonaro a minimisé, jusqu’à plaisanter sur les possibles effets secondaires des vaccins, susceptibles de transformer les gens en « crocodile » ou en « femme à barbe ».
International
L’Iran dément des négociations avec les États-Unis malgré les déclarations de Trump
Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé lundi qu’aucune négociation n’était actuellement en cours avec les États-Unis, quelques heures après que le président américain Donald Trump a déclaré avoir renoncé à une nouvelle attaque contre la République islamique afin de privilégier une solution diplomatique.
Les tensions entre Washington et Téhéran se poursuivent depuis le 28 février, date à laquelle les États-Unis et Israël ont lancé une attaque surprise contre l’Iran. Depuis, le conflit a connu plusieurs périodes d’accalmie grâce à des discussions diplomatiques intermittentes.
Cependant, la reprise des frappes le mois dernier a ravivé les inquiétudes d’une nouvelle escalade militaire dans la région.
Donald Trump avait menacé de frapper l’Iran « très durement » et, selon plusieurs médias, envisageait de nouvelles opérations militaires visant notamment des infrastructures énergétiques. Le président américain a toutefois renoncé à cette option samedi, affirmant qu’un cadre d’accord était déjà en préparation.
Malgré ces déclarations, Téhéran a rejeté l’idée de discussions directes avec Washington.
« Actuellement, nous ne négocions pas avec les États-Unis. Nos discussions se déroulent avec Oman afin de garantir la circulation dans le détroit d’Ormuz », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqai, lors de son point de presse hebdomadaire.
Le détroit d’Ormuz est devenu l’un des principaux points de blocage dans les efforts visant à mettre fin au conflit. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transitait en période de paix près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux, a été fermée par l’Iran après des attaques contre des navires commerciaux.
Avant le conflit, la navigation dans cette zone était libre, mais Téhéran réclame désormais un contrôle accru du passage ainsi que le paiement de droits de transit, une demande rejetée par Washington.
Dimanche, Esmail Baqai avait indiqué à la télévision publique iranienne qu’un accord avec Oman était sur le point d’être conclu concernant une nouvelle route maritime dans le détroit.
« Nous sommes proches d’un accord sur une route acceptable pour les deux parties, ni au nord ni au sud, qui respecte la souveraineté de chaque pays et protège nos intérêts nationaux ainsi que notre sécurité », avait-il déclaré.
Le responsable iranien a toutefois précisé que cet arrangement ne signifiait pas la réouverture complète du détroit d’Ormuz.
International
La police neutralise cinq hommes armés lors d’une opération dans le nord du Mexique
Cinq hommes armés ont été tués lors d’un échange de tirs avec les forces de l’ordre dans l’État de Zacatecas, au nord du Mexique, ont annoncé samedi les autorités locales.
L’affrontement s’est produit au cours d’une opération policière menée dans la municipalité de Calera, où les agents auraient été attaqués par un groupe armé.
« En ripostant à l’agression, les membres de la Force de Réaction Immédiate de Zacatecas (FRIZ) et de la Police d’Investigation ont neutralisé cinq civils armés », a déclaré le secrétaire général du gouvernement de l’État, Rodrigo Reyes, dans un message publié sur Facebook.
Cet incident intervient deux semaines après la découverte de dix corps dans plusieurs municipalités de Zacatecas. Selon les autorités, certains cadavres avaient été suspendus à des ponts, un mode opératoire destiné à intimider la population.
L’État de Zacatecas, autrefois l’un des plus touchés par la violence liée au crime organisé, a connu des niveaux particulièrement élevés d’insécurité entre 2021 et 2022 en raison des affrontements entre groupes criminels rivaux.
International
Feux en Gironde : les appels contradictoires des autorités divisent le gouvernement français
Le gigantesque incendie qui ravage la Gironde, dans le sud-ouest de la France, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, entraîne d’importantes pertes économiques, une forte baisse de l’activité touristique et une vive polémique au sein des autorités françaises.
La controverse est née dimanche lorsque la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a appelé les vacanciers à reporter leur venue dans le département tant que les flammes ne seraient pas totalement maîtrisées.
« Compte tenu de la situation, je demande aux touristes qui s’apprêtent à partir en vacances au mois d’août de ne pas venir en Gironde tant que l’incendie ne sera pas sous contrôle », a déclaré la représentante de l’État lors d’une conférence de presse. Elle a également recommandé aux visiteurs déjà présents de choisir une autre destination.
Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions au sein du gouvernement. Le ministre français du Tourisme, Serge Papin, a pris ses distances avec les propos de la préfète lors d’une interview accordée à la chaîne TF1.
Le ministre a appelé les vacanciers à maintenir leurs projets de séjour, estimant que la situation permettait désormais d’envisager une reprise progressive de l’activité touristique.
« La Gironde est un vaste territoire. Certaines zones ne sont pas touchées par les incendies et le feu est désormais circonscrit. J’espère que les secteurs évacués pourront rouvrir au cours du mois d’août », a-t-il déclaré.
Les incendies continuent toutefois de peser lourdement sur l’économie locale, notamment sur les professionnels du tourisme, qui redoutent une saison estivale marquée par une baisse importante de la fréquentation.
-
Amérique centrale4 jours agoUn ancien chef militaire hondurien poursuivi pour une présumée atteinte à la liberté de la presse
-
Amérique centrale5 jours agoUne enquête ouverte après un incendie meurtrier dans un quartier de San Pedro Sula
-
International5 jours agoFeux en Gironde : les appels contradictoires des autorités divisent le gouvernement français
-
Amérique centrale5 jours agoLe président hondurien Nasry Asfura obtient une note de 3,82 après ses 100 premiers jours au pouvoir
-
International2 jours agoLa police neutralise cinq hommes armés lors d’une opération dans le nord du Mexique
-
International22 heures agoL’Iran dément des négociations avec les États-Unis malgré les déclarations de Trump
-
Amérique centrale7 heures agoLa visite du directeur de la DFC renforce les perspectives d’investissement des États-Unis au Salvador
-
Amérique centrale7 heures agoHonduras espère accueillir 15 000 touristes salvadoriens pendant les fêtes d’août
































