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Proclamé roi, Charles III assume ses « devoirs et responsabilités »

JONATHAN BRADY / POOL / AFP

AFP | par Caroline TAIX / Marie GIFFARD

Officiellement proclamé roi par le Conseil d’accession réuni à Londres, Charles III s’est dit prêt à assumer ses « devoirs et lourdes responsabilités » de souverain lors d’une cérémonie historique samedi, deux jours après la mort d’Elizabeth II.

Etape après étape, dans la plus grande solennité et dans le respect au millimètre du protocole et de la tradition, Charles III s’installe comme chef d’Etat avec pour lourde tâche de succéder à une monarque ultrapopulaire qui avait montré un sens du devoir à tout épreuve et su préserver la monarchie au fil de ses 70 ans de règne, le plus long de l’histoire du Royaume-Uni.

« Le prince Charles Philip Arthur George est maintenant, par la mort de notre dame souveraine d’heureuse mémoire, devenu notre Charles III… God save the King (Que Dieu garde le Roi) », a proclamé peu après 09h00 GMT, le Conseil d’accession. L’assemblée a alors répété: « God save the King ». 

Charles III, 73 ans, a ensuite prêté serment. « Le règne de ma mère a été inégalé dans sa durée, son dévouement et sa dévotion (…) Je suis profondément conscient de ce grand héritage, des devoirs et des lourdes responsabilités de la souveraineté, qui me sont désormais transmis », a-t-il déclaré. 

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La cérémonie, télévisée pour la première fois, a eu lieu au palais Saint-James en présence de la nouvelle reine consort Camilla, du nouvel héritier du trône William, de la Première ministre Liz Truss et de plusieurs de ses prédécesseurs. La précédente avait eu lieu en 1952, quand Elizabeth II avait été proclamée reine.

Ce Conseil d’accession est une formalité séculaire visant à reconnaître la souveraineté du nouveau roi, même si celui-ci est devenu automatiquement monarque après le décès de la reine.

A 10h00 GMT, Charles III a été proclamé roi en public sur le balcon du palais Saint-James, puis des coups de canon ont été tirés dans tout le Royaume-Uni en l’honneur du nouveau souverain.

La proclamation devait ensuite être relayée par une demi-douzaine de hérauts en calèche qui devaient aller la lire à Trafalgar Square, puis au Royal Exchange.

Ensuite, le Parlement fera vœu d’allégeance et exprimera ses condoléances. Dans l’après-midi, le nouveau roi recevra le Premier ministre, les principaux ministres et les chefs de l’opposition.

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A l’étranger, le président russe Vladimir Poutine a adressé ses « félicitations sincères » au nouveau roi, lui souhaitant « du succès et une santé robuste », selon le Kremlin.

« On veut de la stabilité »

Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant Saint James, comme Sarah et Gerard Berdien, deux Londoniens de 53 et 54 ans, venus avec l’espoir de voir leur nouveau roi. 

« Je suis triste mais on doit aller de l’avant. Je pense que le roi sera différent (…) La reine a toujours été la reine, toujours la même, pas de drame », a dit Sarah. « C’est ce qu’on attend de lui (…) On veut de la stabilité », a renchéri Gerard. 

Déjà vendredi soir, pour la première fois depuis 70 ans, l’hymne britannique « God save the King » a été chanté dans sa version masculine à la cathédrale Saint-Paul à Londres, en conclusion d’un office religieux en hommage à Elizabeth II. Il remplace « God save the Queen » (Que Dieu garde la Reine), l’hymne depuis l’accession au trône de la défunte souveraine en 1952.

Un peu plus tôt, depuis le palais de Buckingham, Charles III a prononcé son premier discours télévisé en tant que souverain, une allocution enregistrée dans laquelle il a rendu un émouvant hommage à Elizabeth II, sa « maman chérie », décédée à 96 ans après 70 ans et 7 mois de règne. 

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Il a promis de servir les Britanniques toute sa vie, comme sa mère Elizabeth II l’avait fait à son 21e anniversaire.

Des portraits de Charles sont à la une de tous les journaux samedi, qui louent son premier discours. « Je m’efforcerai de servir avec loyauté, respect, amour »: cette citation de Charles barre les couvertures de The Independent, du Guardian, du Financial Times. 

Pour le tabloïd The Sun, le discours a apaisé certaines craintes que Charles ne soit pas en mesure de combler le vide laissé par le décès d’Elizabeth II. « Charles, avec son premier discours émouvant, nous a donné toute confiance qu’il remplira ce rôle avec sagesse, compétence et compassion », lit-on dans son éditorial. « Nous avons parfois craint qu’il ne soit un roi militant, un risque pour l’avenir de notre monarchie. Mais plus maintenant », ajoute le texte.

Ovationné

Charles III accède au trône dans une période difficile, le Royaume-Uni étant confronté à la pire crise économique de ces 40 dernières années, alors que quatre Premiers ministres se sont succédé en six ans. 

A 73 ans, il est le monarque britannique le plus âgé au début de son règne. 

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Charles III est infiniment moins populaire que sa mère, qui avait su maintenir le prestige de la monarchie, ne donnant aucune interview et gardant ses opinions pour elle.

Mais le nouveau roi a été ovationné, à son arrivée à Buckingham vendredi après-midi, à son retour d’Ecosse. Accompagné de son épouse Camilla, devenue reine consort, il a serré les mains de dizaines de personnes pressées contre des barrières devant le palais. 

Des milliers de personnes ont afflué depuis l’annonce de la disparition d’Elizabeth II pour déposer bouquets de fleurs et mots d’hommage devant les résidences royales, reflétant l’émotion immense au Royaume-Uni et à l’étranger depuis son décès.

Le roi a fait savoir que le deuil royal – qui concerne la famille, le personnel et les représentants de la maison royale – durerait jusqu’à sept jours après les funérailles de la reine, dont la date n’a pas été confirmée. 

Le deuil national, décrété par le gouvernement, doit lui durer jusqu’au jour des funérailles. La reine sera inhumée en privé dans la chapelle du château de Windsor. Son cercueil devrait être auparavant transféré dimanche à Edimbourg, où le public aura une première occasion de se recueillir.

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International

L’ONU alerte sur l’impact des séismes au Venezuela : près de 7 millions de personnes menacées

Près de sept millions de personnes pourraient être touchées par les puissants séismes qui ont frappé le Venezuela, a averti samedi l’Organisation des Nations unies (ONU), alors que le bilan dépasse désormais 1 400 morts et que plus de 50 000 personnes restent portées disparues.

Alors que le nombre officiel de victimes continue d’augmenter, l’ONU a indiqué que les dégâts matériels sont considérables. Les premières estimations évaluent les pertes à environ 6,7 milliards de dollars, soit près de 6 % du produit intérieur brut du pays pétrolier.

Sur le terrain, chaque minute compte près de 72 heures après les deux séismes qui ont frappé le pays mercredi, à moins d’une minute d’intervalle. Avec des magnitudes de 7,2 et 7,5, ces secousses sont considérées comme les plus importantes enregistrées au Venezuela depuis 126 ans et ont provoqué d’importantes destructions, notamment dans les zones côtières.

Les équipes de secours poursuivent leurs opérations de recherche, mais les chances de retrouver des survivants diminuent fortement après les premières 72 heures suivant une catastrophe de cette ampleur.

À La Guaira, la ville la plus touchée située à environ 40 kilomètres de Caracas, des habitants continuent de fouiller les décombres à la recherche de leurs proches disparus. Marlon Ochoa, survivant de l’effondrement d’un immeuble, affirme être toujours à la recherche de sa mère, de son épouse et de son fils, disparus après l’effondrement du bâtiment.

« Je ne vois toujours pas les autorités prendre en charge la situation dans cette zone », a déclaré Ochoa à l’AFP, faisant part de son désespoir face à la lenteur des opérations.

Il a également dénoncé le manque d’équipements nécessaires pour accélérer les recherches.

« On m’a dit qu’ils étaient en train de délibérer. Délibérer sur quoi ? Si personne n’arrive aujourd’hui, nous allons nous révolter, car nous avons besoin de machines, de générateurs, de perceuses, de tout », a-t-il déclaré.

« Nous sommes en colère. Nous avons besoin d’aide. Il y a des personnes vivantes sous les décombres et nous n’avons ni les moyens ni les outils pour les atteindre », a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, l’aide internationale, notamment l’assistance américaine, commence à arriver au Venezuela alors que les équipes de secours poursuivent leurs efforts dans les zones les plus touchées.

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International

Washington déploie des équipes spécialisées après les séismes meurtriers au Venezuela

Les forces armées des États-Unis ont commencé à mobiliser des ressources pour soutenir les opérations de secours et de reconstruction au Venezuela à la suite des deux puissants séismes qui ont frappé le pays mercredi, a annoncé jeudi le Commandement Sud des États-Unis (Southcom).

Dans un communiqué, l’organisme militaire basé en Floride a indiqué agir sur instruction du Département de la Guerre et en coordination avec le Département d’État afin d’appuyer les opérations humanitaires menées sur le territoire vénézuélien après les tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5.

« Nos forces conjointes se mobilisent rapidement pour mettre à disposition les capacités inégalées de transport aérien, de logistique et de sauvetage des forces armées américaines afin de sauver des vies et de soutenir le gouvernement du Venezuela pendant cette crise », a déclaré le Commandement Sud.

Dans le cadre de cette opération, les États-Unis ont constitué une équipe de planification composée de spécialistes du Bureau d’assistance humanitaire. Cette équipe aura pour mission de conseiller les autorités responsables de la coordination des secours et de la distribution de l’aide aux populations sinistrées.

Le Commandement Sud a également indiqué maintenir une étroite coordination avec plusieurs gouvernements alliés et partenaires de la région qui ont exprimé leur volonté de participer à l’effort international destiné à venir en aide aux victimes de la catastrophe.

Quelques heures plus tôt, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait confirmé s’être entretenu avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez. Il a également annoncé le déploiement d’équipes spécialisées de recherche et de sauvetage provenant du comté de Fairfax, en Virginie, ainsi que de la ville de Los Angeles, afin de renforcer les opérations dans les zones les plus touchées.

Selon le dernier bilan officiel communiqué par le gouvernement vénézuélien, les deux séismes ont fait au moins 164 morts et 971 blessés. Les secousses, survenues à seulement 39 secondes d’intervalle, sont considérées comme les plus puissantes enregistrées dans le pays depuis plus d’un siècle.

Mercredi, le président américain Donald Trump a ordonné à l’ensemble des agences fédérales de son administration d’agir « rapidement » pour apporter une assistance au Venezuela face à ce qu’il a qualifié de « nombre dévastateur de victimes ».

Cette mobilisation intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Washington et Caracas à la suite de la capture de Nicolás Maduro, alors que la communauté internationale intensifie ses efforts pour répondre à l’urgence humanitaire provoquée par la catastrophe.

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International

La Cour suprême valide une mesure limitant l’accès à l’asile à la frontière sud des États-Unis

La Cour suprême des États-Unis a autorisé jeudi l’administration du président Donald Trump à refuser les demandes d’asile présentées par des migrants à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La décision, adoptée par six voix contre trois, avec l’opposition des juges de tendance libérale, ouvre la voie au rétablissement d’une politique controversée visant à réduire le nombre de migrants que les autorités frontalières doivent examiner afin de déterminer leur admissibilité à une protection internationale.

Au cœur du débat se trouvait l’interprétation du droit d’asile à la frontière américaine. Les magistrats devaient déterminer si les ressortissants étrangers doivent avoir physiquement franchi la frontière pour pouvoir déposer une demande d’asile ou s’il leur suffit de se présenter à un point d’entrée officiel.

Depuis plusieurs décennies, le gouvernement américain interprétait la législation en vigueur comme accordant le droit de demander l’asile aux personnes se présentant aux postes-frontières et affirmant craindre des persécutions en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité ou de leurs opinions politiques.

La question essentielle examinée par la Cour concernait la définition juridique du terme « arriver » sur le territoire des États-Unis.

Dans son avis majoritaire, l’aile conservatrice de la Cour a estimé que les migrants se trouvant encore au Mexique ne peuvent être considérés comme étant « arrivés » aux États-Unis simplement parce qu’ils ont tenté, sans succès, d’y entrer.

L’administration Trump avait demandé à la Cour suprême d’autoriser la réactivation de cette mesure, appliquée pour la première fois en 2016, dans le cadre de la politique de fermeté du président américain en matière d’immigration.

Cette décision représente une victoire importante pour l’administration Trump, qui cherche à renforcer le contrôle de la frontière sud et à limiter les flux migratoires vers les États-Unis.

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