International
Les Iraniens, habitués à la « normalité » des tensions avec Israël et les États-Unis
De nombreux Iraniens font face avec « normalité » aux tensions que connaît le pays face à une éventuelle attaque israélienne en représailles au bombardement de mardi dernier, après des décennies de conflit entre l’Iran avec Israël et les États-Unis.
« C’est normal ici », dit une jeune femme à EFE en sirotant un capucin dans un café-boutique moderne de la capitale.
« Toutes les deux par trois, des choses comme ça se produisent, on s’y habitue », ajoute-t-il, et pense que les choses sont pires de l’extérieur, dans les pays où ce type de tension ne se produit pas souvent.
« La meilleure chose à faire est de vivre le moment présent », soutient-il avec un grand sourire, tandis qu’autour de lui d’autres personnes prennent leur petit-déjeuner sans signes d’inquiétude ou de stress.
Une image très lointaine de celle offerte vendredi par le guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei, lorsqu’il a loué l’attaque contre Israël, un fusil à la main.
La position de la jeune femme est courante dans la capitale iranienne qui vit en attente d’éventuelles représailles israéliennes pour l’attaque iranienne d’environ 180 missiles mardi.
L’attaque des Gardiens de la révolution était à son tour une représailles aux meurtres du chef de la milice libanaise Hezbollah, Hassan Nasrala, et d’un général iranien à Beyrouth, et du leader politique du Hamas, Ismail Haniyeh, en juillet à Téhéran.
Israël a assuré qu’il répondrait, ce à quoi plusieurs autorités politiques et militaires iraniennes ont à leur tour déclaré qu’elles répliqueraient avec plus de force.
Vie normale dans la capitale
Un croisement d’attaques et de menaces qui ne semble pas non plus effrayer Samira (nom changé) qui, mardi soir, celle de l’attaque, a organisé un grand dîner avec des membres de la famille qui étaient venus de l’extérieur du pays.
« Ne t’inquiète pas. Si Israël attaque, il ne le fera pas ici, dans le centre de Téhéran, il le fera contre une base ou quelque chose comme ça loin », dit cette voisine de la capitale EFE.
« Nous sommes toujours comme ça. Toutes les quelques années, il y aura une guerre et cela n’arrivera pas », explique-t-il.
Depuis mardi, la vie dans la capitale a été normale, les parcs pleins de familles, les cafés et les restaurants débordant de convives ou les écoles avec des enfants, rien ne semble indiquer les fortes tensions régionales avec la guerre à Gaza et les attaques israéliennes contre le Liban.
Il n’y a pas de bunkers publics ici, la population n’a pas fait de provisions alimentaires et des alertes n’ont pas été décrétées.
45 ans d’hostilités
Et c’est que l’inimitié de l’Iran avec Israël et les États-Unis a entraîné la région dans de fortes tensions à plusieurs reprises.
Un bombardement avec des centaines de missiles et de drones, malgré son caractère spectaculaire, n’a causé pratiquement aucun dommage en avril, après la première attaque directe iranienne contre Israël.
Ensuite, des sources officielles américaines ont assuré au New York Times qu’Israël avait tiré un missile dirigé sur son rival contre une base aérienne, ce que Téhéran a nié et a assuré qu’il ne s’agissait que d’une attaque avec de petits drones et qu’ils n’ont pas causé de dommages dans la province d’Isphahan.
C’est-à-dire que Téhéran et Tel Aviv ont tous deux chanté la victoire et évité d’autres affrontements.
Cela s’est également produit en 2020 après l’assassinat de Qasem Soleimani, ancien général à la tête de la Force Quds des Gardiens de la révolution iranienne (IRGC), par les États-Unis en Irak.
En réponse, l’Iran a attaqué une base américaine en Irak, ce qui a été interprété comme un geste symbolique plus qu’autre chose.
Et depuis 1979, les exemples de moments de grande tension entre l’Iran et les pays occidentaux abondent.
Pourtant, certains Iraniens montrent leur inquiétude.
« Après huit ans de guerre avec l’Irak, nous n’avons jamais été aussi proches d’une guerre qui pourrait être dévastatrice pour le pays », a déclaré à EFE Amir, un dentiste de 54 ans, qui plus que peur d’une attaque israélienne, s’inquiète des conséquences.
Malgré cela, Amir continue sa vie normale, va à son travail, à la salle de sport et continue sa vie quotidienne.
International
Macabre découverte à Tijuana : un cadavre retrouvé à proximité du stade utilisé par l’Iran
Un corps en état de décomposition a été découvert vendredi dans le coffre d’un véhicule stationné à proximité du stade où s’entraîne la sélection iranienne de football dans le cadre de la Coupe du monde 2026, selon des constatations effectuées sur place.
Le véhicule, un Toyota gris de type utilitaire sport, se trouvait sur le parking d’un supermarché situé en face du stade Caliente, à Tijuana. Cette enceinte est utilisée quotidiennement par l’équipe nationale iranienne pour ses séances d’entraînement et se trouve à quelques minutes de son hôtel.
La sélection iranienne, connue sous le nom de Team Melli, avait dû modifier ses plans à la dernière minute et établir son camp de base au Mexique plutôt qu’aux États-Unis, en raison des tensions et du conflit opposant Washington et Téhéran.
Lorsque les autorités ont ouvert le véhicule vendredi, elles ont été confrontées à une forte odeur de décomposition. Des agents équipés de combinaisons de protection ont procédé à l’examen préliminaire du corps avant son transfert par les services compétents.
Le parquet de Tijuana a indiqué qu’une patrouille de police avait repéré le véhicule et découvert, dans le coffre, « une personne enveloppée dans un sac noir présentant des signes de violence ».
Selon les enquêteurs, le véhicule était stationné sur les lieux depuis mercredi.
Tijuana est considérée comme l’une des villes les plus violentes du Mexique. D’après les statistiques officielles, plus de 1 200 homicides y ont été enregistrés au cours de l’année 2025.
En raison des mesures de sécurité entourant la participation de l’Iran au tournoi, un convoi fortement armé de la Garde nationale escorte quotidiennement l’autobus de l’équipe entre son hôtel et le stade, un trajet qui ne dure qu’environ une minute.
Vendredi, la sélection iranienne a quitté le stade peu après l’enlèvement du corps par les autorités.
À ce stade, les responsables de l’équipe n’ont pas indiqué si des mesures de sécurité supplémentaires seront mises en place à la suite de cet incident.
L’Iran doit faire ses débuts dans la compétition lundi prochain face à la Belgique à Los Angeles, lors de la première journée du groupe G, également composé de l’Égypte et de la Nouvelle-Zélande.
International
Cuba annonce de nouvelles réformes pour élargir le rôle du secteur privé dans l’économie
Le gouvernement cubain a annoncé une nouvelle série de réformes économiques visant à renforcer la participation du secteur privé, à décentraliser la prise de décision et à assouplir plusieurs mécanismes de l’économie nationale, dans un contexte marqué par les difficultés énergétiques et les sanctions imposées par les États-Unis.
Lors d’une intervention diffusée à la télévision nationale, le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a indiqué que le nombre d’activités interdites aux entreprises privées serait réduit afin d’élargir leurs possibilités d’affaires et de renforcer leur contribution à l’économie du pays.
Selon le chef de l’État, le gouvernement travaille également à accélérer et à décentraliser les procédures d’approbation des nouvelles entreprises, dans le but de favoriser le développement des acteurs économiques non étatiques.
Les entreprises privées, autorisées depuis 2021 et pouvant employer jusqu’à 100 salariés, occupent une place de plus en plus importante dans l’économie cubaine. Depuis février, elles sont également autorisées à importer du carburant, une activité auparavant réservée à l’État.
Parmi les mesures annoncées figure aussi la possibilité pour les entrepreneurs privés d’investir dans l’économie nationale dans les mêmes conditions que les investisseurs étrangers. Cette initiative vise à stimuler l’activité économique et à attirer davantage de capitaux.
Le gouvernement étudie en outre la suppression des intermédiaires étatiques dans certaines opérations d’importation et d’exportation, ce qui pourrait faciliter les échanges commerciaux pour les entreprises privées.
Miguel Díaz-Canel a également souligné l’importance de renforcer l’autonomie des entreprises publiques, qui représentent encore environ 80 % de l’économie cubaine, tout en poursuivant le processus de décentralisation des activités économiques.
Le président a par ailleurs annoncé une restructuration de l’appareil d’État, comprenant une réduction du nombre de ministères ainsi qu’une diminution significative des effectifs de la fonction publique. Cette réforme devra être examinée par le Parlement en juillet.
Concernant la « libreta », le système de rationnement en vigueur à Cuba, le gouvernement entend réorienter les aides vers les populations les plus vulnérables plutôt que de les distribuer à l’ensemble de la population, dans un contexte d’inégalités croissantes.
Bien que des réformes similaires aient déjà été annoncées par le passé sans être mises en œuvre, Díaz-Canel a assuré que les nouvelles mesures seraient discutées et approuvées rapidement.
Selon les autorités cubaines, ces changements s’inscrivent dans une stratégie visant à faire face aux défis économiques actuels, à améliorer la productivité et à adapter le modèle économique du pays aux nouvelles réalités nationales et internationales.
International
Washington se dit proche d’un accord historique sur le programme nucléaire iranien
Un haut responsable américain a affirmé que les négociations en cours avec l’Iran progressent favorablement et qu’un accord pourrait être conclu dans les prochains jours.
Selon ce responsable, l’entente prévoirait un allégement significatif des sanctions imposées à Téhéran ainsi que le dégel de certains avoirs iraniens. En contrepartie, l’Iran devrait accepter de démanteler son programme nucléaire et de remettre son matériel nucléaire.
S’exprimant sous couvert de l’anonymat lors d’un échange avec la presse, le responsable a indiqué être particulièrement confiant quant à l’issue des discussions.
« Je suis très optimiste concernant cet accord. Je pense que le président a réussi à obtenir une position très favorable », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant que les négociations ne sont pas encore totalement finalisées, il a souligné que les parties se trouvent désormais très près d’un accord définitif.
Le lieu et la date de la signature n’ont pas encore été arrêtés. Toutefois, l’Europe, une option évoquée par le président Donald Trump, figure parmi les scénarios envisagés pour accueillir la cérémonie officielle.
Le responsable américain a également indiqué que l’administration espère pouvoir signer l’accord dans les prochains jours, sans toutefois avancer de calendrier précis.
« Si je devais évaluer aujourd’hui les chances de conclure cet accord, j’aurais probablement parlé de 75 % ce matin. À présent, je dirais plutôt entre 80 et 85 %, même si nous ne sommes pas encore à 100 % », a-t-il précisé.
Ces déclarations témoignent de l’optimisme croissant de Washington quant à la possibilité de parvenir à un compromis susceptible de réduire les tensions autour du dossier nucléaire iranien et d’ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les deux parties.
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