International
En Colombie, il y a encore 6,9 millions de personnes déplacées qui ont besoin d’assistance ou de réparation
Environ 6,9 millions des 8,6 millions de personnes déplacées que la Colombie a encore besoin d’aide ou de réparation à leurs droits, a révélé la IVe Enquête nationale de vérification 2023 sur les conditions de vie et la jouissance effective des droits de la population déplacée.
« La population déplacée à cause du conflit armé en Colombie continue d’être la population la plus vulnérable parmi les plus vulnérables du pays », a déclaré l’économiste Luis Jorge Garay, directeur de la politique publique sur les déplacements forcés et qui a dirigé le rapport sur l’enquête.
En ce sens, « 19 % de la population déplacée appartient actuellement aux peuples d’ascendance africaine, raizales ou palenqueros (…) 5 % appartiennent à des peuples autochtones », a-t-il ajouté.
Le document élaboré par la Commission de suivi de la politique publique sur le déplacement forcé avec le soutien de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Conseil pour les droits de l’homme et le déplacement (CODHES) et de l’Unité pour les victimes (UARIV).
Pour l’enquête, entre mai et août de l’année dernière, 9.715 entretiens ont été réalisés dans des foyers de population déplacée et 1.982 dans la population voisine dans 80 municipalités de 31 des 32 départements colombiens.
Selon l’enquête, en Colombie, la taille des ménages à population déplacée a diminué, passant de 4,8 personnes en 2010 à 3,7 en 2023.
Le document montre également que 76,1 % des ménages à population déplacée vivent dans une situation de pauvreté monétaire, tandis que 40,6 % du total sont dans une pauvreté extrême.
Parmi les personnes déplacées, le taux de chômage est de 17,6 % et celui d’informalité de 82,4 %.
En ce qui concerne la population occupée, 21,8 % reçoivent un revenu de travail supérieur à un salaire minimum et 10,9 % de moins, tandis que 58,5 % des ménages déplacés ont été retrouvés dans le besoin de s’endetter.
La directrice sortante de l’UARIV, Patricia Tobón, a déclaré que la présentation de l’enquête est « très importante car c’est la reconnaissance d’une expérience et d’une analyse qui ont été faites et doivent être reconnues par les institutions ».
« Nous devons nous occuper des personnes déplacées qui ont attendu cela du gouvernement du changement, qui espèrent que cela cesse d’être une critique et que l’on progresse dans la jouissance effective des droits », a-t-il déclaré.
Entre-temps, la représentante du HCR en Colombie, Mireille Girard, estime que « la Colombie en tant que pays avait besoin d’avoir une vision actualisée de l’état des droits de la population déplacée après la signature de l’accord de paix » entre le gouvernement et la guérilla des FARC en 2016.
« La Colombie est à un moment crucial pour trouver des solutions durables pour les victimes de déplacement (…) Il y a des progrès, il y a des stagnations et il y a de l’espoir pour résoudre la situation de millions de personnes », a-t-il déclaré.
Enfin, le directeur de Codhes, Marco Romero, a célébré l’ »opportunité historique » que représente l’enquête « pour faire un saut qualitatif » pour les victimes de déplacement forcé.
International
Le scrutin présidentiel péruvien reste indécis malgré l’avance de Fujimori
Keiko Fujimori conserve la tête du décompte officiel des voix de l’élection présidentielle péruvienne et a légèrement accru son avance sur son rival de gauche, Roberto Sánchez, qui a dénoncé plusieurs irrégularités dans le processus électoral, selon les résultats actualisés publiés mardi.
Avec 99 % des procès-verbaux dépouillés, Fujimori obtenait 50,097 % des suffrages contre 49,903 % pour Sánchez, d’après les données de l’Office national des processus électoraux (ONPE).
Toutefois, le résultat définitif n’a pas encore été proclamé. Les autorités électorales doivent encore examiner plusieurs procès-verbaux contestés représentant environ 256 000 votes, une procédure qui pourrait prendre plusieurs jours. Le second tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 7 juin.
L’ONPE a indiqué que le décompte final pourrait être achevé dans un délai allant de deux semaines jusqu’à la fin du mois.
Parallèlement, le parti de Roberto Sánchez, Juntos por el Perú, a dénoncé un manque de transparence de la part des organismes chargés du processus électoral, ainsi qu’un changement des règles électorales et diverses irrégularités. La formation politique n’a toutefois pas fourni de détails précis sur ces accusations.
Cette position marque un changement par rapport à celle adoptée une semaine plus tôt, lorsque Sánchez était en tête du décompte et que son camp avait annoncé qu’il respecterait le verdict des urnes quel qu’en soit le résultat.
Juntos por el Perú a par ailleurs convoqué une manifestation à Lima pour vendredi afin de défendre ce qu’il considère comme l’intégrité du vote populaire.
De son côté, Luis Galarreta, candidat à la vice-présidence sur le ticket de Fujimori, a affirmé que le parti Fuerza Popular attendrait la publication du décompte complet avant de revendiquer la victoire.
« Nous allons attendre la fin du processus avant de nous prononcer sur l’issue de l’élection », a déclaré Galarreta à la radio RPP.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne a indiqué que le second tour s’était déroulé dans un climat « calme et ordonné », malgré une campagne marquée par une forte polarisation politique.
Le scrutin a opposé Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), à Roberto Sánchez, considéré comme l’héritier politique de l’ex-président Pedro Castillo, actuellement emprisonné après sa tentative avortée d’autocoup d’État en 2022.
Il s’agit de la quatrième candidature présidentielle de Fujimori, tandis que Sánchez participait pour la première fois à une élection présidentielle.
Le vainqueur succédera au président par intérim José María Balcázar le 28 juillet prochain pour un mandat de cinq ans.
International
Du relatif anonymat à la célébrité : le gardien cap-verdien Vozinha conquiert les réseaux sociaux
Le gardien cap-verdien Josimar Dias, plus connu sous le nom de Vozinha, est passé du statut de joueur relativement discret sur la scène internationale à celui de véritable phénomène mondial grâce à son impressionnante performance face à l’Espagne lors de la Coupe du monde 2026.
Avant cette rencontre, le portier comptait un peu plus de 50 000 abonnés sur Instagram. Cependant, sa prestation exceptionnelle contre la sélection espagnole a déclenché un engouement spectaculaire sur les réseaux sociaux, lui permettant de gagner des millions de nouveaux abonnés en seulement quelques heures.
Cette ascension fulgurante lui a même permis de dépasser le Néo-Zélandais Tim Payne, qui était jusqu’alors considéré comme l’un des joueurs les plus populaires et viraux du tournoi.
À ce jour, Vozinha totalise déjà 8,2 millions d’abonnés sur Instagram, un chiffre qui continue de progresser à mesure que sa performance fait le tour des médias et des plateformes numériques à travers le monde.
La résistance et les arrêts décisifs du vétéran africain ont également été salués par la FIFA, qui l’a désigné meilleur joueur du match lors de la première apparition du Cap-Vert dans cette Coupe du monde.
Pour sa 89e sélection avec l’équipe nationale cap-verdienne, Vozinha a signé l’une des prestations les plus marquantes de sa carrière, devenant l’un des grands protagonistes du début du tournoi et un symbole de la combativité de son équipe sur la scène mondiale.
International
Haïti : plus de 2.300 morts liés à la violence des gangs depuis le début de l’année
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a alerté ce lundi sur l’ampleur de la violence des gangs en Haïti, qui a causé au moins 2.300 morts depuis le début de l’année, dans un contexte de grave dégradation sécuritaire dans le pays.
S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, le Haut-Commissaire Volker Türk a indiqué que cette violence avait également fait 1.100 blessés et conduit à 99 enlèvements sur la même période.
Haïti, considéré comme le pays le plus pauvre du continent américain, est confronté depuis plusieurs années à une insécurité chronique alimentée par des gangs armés, responsables d’homicides, de viols, de pillages et de kidnappings.
Face à cette situation, Volker Türk a appelé les autorités haïtiennes à agir rapidement afin de mettre en place des structures judiciaires capables de lutter contre l’impunité et de restaurer l’État de droit.
Il a également exhorté à poursuivre le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.
En septembre, le Conseil de sécurité avait décidé de remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par cette nouvelle force, qui pourra compter jusqu’à 5.500 membres, composés de policiers et de militaires internationaux.
La communauté internationale reste mobilisée face à une crise humanitaire et sécuritaire qui continue de s’aggraver dans le pays caribéen, où les groupes criminels étendent leur contrôle sur de larges portions du territoire.
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