International
Après les émeutes de Brasilia, un président Lula renforcé
15 janvier | Par AFP | Louis Genot et Pascale Trouillaud |
En voulant empêcher à tout prix Lula de gouverner et en saccageant des édifices institutionnels à Brasilia, les émeutiers d’extrême droite du 8 janvier ont finalement renforcé le président de gauche dans son pouvoir, estiment les analystes.
Plus de 4.000 partisans de l’ex-chef d’Etat Jair Bolsonaro, qui refusent depuis octobre sa défaite électorale face à Luiz Inacio Lula da Silva, ont profité du fait que le nouveau gouvernement était en pleine installation pour semer le chaos dans la capitale.
Une semaine exactement après l’investiture de Lula qui avait mêlé pompe protocolaire et joie populaire à Brasilia, des hordes déchaînées ont envahi et saccagé le Palais présidentiel du Planalto, la Cour suprême et le Congrès.
« Il est clair que les événements (du 8 janvier) ont eu l’effet inverse » à ce qui était recherché, dit à l’AFP Mayra Goulart, professeure de sciences politiques de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ).
« Lula en sort sans aucun doute renforcé. Ces assauts ont créé un climat d’union nationale pour la défense de la démocratie », explique-t-elle.
L’image était forte: Lula descendant la rampe du palais présidentiel pour aller sur la place des Trois-pouvoirs, flanqué des chefs du Sénat, de la Chambre des députés, de la Cour suprême et des gouverneurs, quelques heures seulement après le saccage des lieux de pouvoir.
Ensemble, ils ont réaffirmé que la jeune démocratie ne vacillerait pas au Brésil, trois décennies après la fin de la dictature militaire.
A l’étranger, l’assaut a été condamné unanimement. Washington, Moscou, Pékin, l’Union européenne, Paris ou les capitales latino-américaines ont exprimé leur soutien entier au président d’un Brésil, qui, sous Bolsonaro, s’était isolé du monde.
« L’émoi international va conforter la position de Lula, qui va être perçu comme un dirigeant important pouvant contribuer à un renforcement des forums multilatéraux », prédit Mme Goulart.
« Soutien unanime »
Leandro Gabiati, directeur du cabinet de consultants Dominium, estime également que « l’image positive que Lula avait déjà à l’étranger sort renforcée ». Et celle de Jair Bolsonaro, désormais visé par l’enquête sur les instigateurs des violences avec lesquelles il jure n’avoir aucun lien, encore plus dégradée.
Et sur le plan intérieur, Lula est fort « du soutien unanime des gouverneurs, du Congrès, de la Cour suprême et du secteur financier », dit-il lui aussi, toutes tendances politiques confondues.
Dans cette séquence, le chef historique de la gauche a également derrière lui la classe politique et la population brésilienne qui, dans sa grande majorité, a été choquée par les images ahurissantes de violence contre les institutions.
Lula « a été défié et il s’en est sorti plutôt bien », estime M. Gabiati, en évoquant « une attitude pondérée qui a permis, d’une certaine façon, de restaurer la normalité ».
Dans des bâtiments officiels encore pleins de bris de vitres et de meubles anciens éventrés, les nouveaux ministres du gouvernement de Lula ont continué à être investis lors de cérémonies officielles, presque comme si de rien n’était, les jours suivant la tornade bolsonariste.
Mais le gouvernement de Lula a été ferme: les « fascistes » seront traqués, condamnés — jusqu’à 30 ans de prison pour « terrorisme » — de même que tous ceux qui ont organisé et financé les émeutes et autour desquels l’étau s’est resserré.
En quelques jours, plus d’un millier de fauteurs de troubles ont été incarcérés.
Les forces de police et services de sécurité vont être réorganisées, la sécurité du palais présidentielle expurgée des bolsonaristes.
Lula va devoir « prendre des sanctions exemplaires afin d’éviter la répétition de ce type de manifestations », estime M. Gabiati.
« Pays divisé »
Car le président de gauche reste sous la menace d’une mouvance bolsonariste dont les éléments les plus extrêmes n’ont pas renoncé à l’abattre. Et rien ne dit que l’union nationale va perdurer.
Ces événements « sont venus rappeler que Lula est face à un pays profondément divisé », notent les consultants d’Eurasia.
Lula a battu Bolsonaro sur le fil à la présidentielle avec 60 millions des voix contre 58 millions, après une campagne violente et polarisée.
Par ailleurs, il doit affronter de nombreux défis pour ce 3e mandat à la tête du Brésil où la pauvreté et la faim sont des fléaux.
« Il est nécessaire de dépenser de l’énergie dans les enquêtes et les condamnations des putschistes », dit Mme Goulart, mais « cela ne doit pas contaminer le mandat de de Lula ».
L’icône de la gauche va devoir « améliorer les conditions de vie de la population, relancer l’économie et les politiques publiques », s’il veut faire de son mandat un succès.
International
Le scrutin présidentiel péruvien reste indécis malgré l’avance de Fujimori
Keiko Fujimori conserve la tête du décompte officiel des voix de l’élection présidentielle péruvienne et a légèrement accru son avance sur son rival de gauche, Roberto Sánchez, qui a dénoncé plusieurs irrégularités dans le processus électoral, selon les résultats actualisés publiés mardi.
Avec 99 % des procès-verbaux dépouillés, Fujimori obtenait 50,097 % des suffrages contre 49,903 % pour Sánchez, d’après les données de l’Office national des processus électoraux (ONPE).
Toutefois, le résultat définitif n’a pas encore été proclamé. Les autorités électorales doivent encore examiner plusieurs procès-verbaux contestés représentant environ 256 000 votes, une procédure qui pourrait prendre plusieurs jours. Le second tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 7 juin.
L’ONPE a indiqué que le décompte final pourrait être achevé dans un délai allant de deux semaines jusqu’à la fin du mois.
Parallèlement, le parti de Roberto Sánchez, Juntos por el Perú, a dénoncé un manque de transparence de la part des organismes chargés du processus électoral, ainsi qu’un changement des règles électorales et diverses irrégularités. La formation politique n’a toutefois pas fourni de détails précis sur ces accusations.
Cette position marque un changement par rapport à celle adoptée une semaine plus tôt, lorsque Sánchez était en tête du décompte et que son camp avait annoncé qu’il respecterait le verdict des urnes quel qu’en soit le résultat.
Juntos por el Perú a par ailleurs convoqué une manifestation à Lima pour vendredi afin de défendre ce qu’il considère comme l’intégrité du vote populaire.
De son côté, Luis Galarreta, candidat à la vice-présidence sur le ticket de Fujimori, a affirmé que le parti Fuerza Popular attendrait la publication du décompte complet avant de revendiquer la victoire.
« Nous allons attendre la fin du processus avant de nous prononcer sur l’issue de l’élection », a déclaré Galarreta à la radio RPP.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne a indiqué que le second tour s’était déroulé dans un climat « calme et ordonné », malgré une campagne marquée par une forte polarisation politique.
Le scrutin a opposé Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), à Roberto Sánchez, considéré comme l’héritier politique de l’ex-président Pedro Castillo, actuellement emprisonné après sa tentative avortée d’autocoup d’État en 2022.
Il s’agit de la quatrième candidature présidentielle de Fujimori, tandis que Sánchez participait pour la première fois à une élection présidentielle.
Le vainqueur succédera au président par intérim José María Balcázar le 28 juillet prochain pour un mandat de cinq ans.
International
Du relatif anonymat à la célébrité : le gardien cap-verdien Vozinha conquiert les réseaux sociaux
Le gardien cap-verdien Josimar Dias, plus connu sous le nom de Vozinha, est passé du statut de joueur relativement discret sur la scène internationale à celui de véritable phénomène mondial grâce à son impressionnante performance face à l’Espagne lors de la Coupe du monde 2026.
Avant cette rencontre, le portier comptait un peu plus de 50 000 abonnés sur Instagram. Cependant, sa prestation exceptionnelle contre la sélection espagnole a déclenché un engouement spectaculaire sur les réseaux sociaux, lui permettant de gagner des millions de nouveaux abonnés en seulement quelques heures.
Cette ascension fulgurante lui a même permis de dépasser le Néo-Zélandais Tim Payne, qui était jusqu’alors considéré comme l’un des joueurs les plus populaires et viraux du tournoi.
À ce jour, Vozinha totalise déjà 8,2 millions d’abonnés sur Instagram, un chiffre qui continue de progresser à mesure que sa performance fait le tour des médias et des plateformes numériques à travers le monde.
La résistance et les arrêts décisifs du vétéran africain ont également été salués par la FIFA, qui l’a désigné meilleur joueur du match lors de la première apparition du Cap-Vert dans cette Coupe du monde.
Pour sa 89e sélection avec l’équipe nationale cap-verdienne, Vozinha a signé l’une des prestations les plus marquantes de sa carrière, devenant l’un des grands protagonistes du début du tournoi et un symbole de la combativité de son équipe sur la scène mondiale.
International
Haïti : plus de 2.300 morts liés à la violence des gangs depuis le début de l’année
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a alerté ce lundi sur l’ampleur de la violence des gangs en Haïti, qui a causé au moins 2.300 morts depuis le début de l’année, dans un contexte de grave dégradation sécuritaire dans le pays.
S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, le Haut-Commissaire Volker Türk a indiqué que cette violence avait également fait 1.100 blessés et conduit à 99 enlèvements sur la même période.
Haïti, considéré comme le pays le plus pauvre du continent américain, est confronté depuis plusieurs années à une insécurité chronique alimentée par des gangs armés, responsables d’homicides, de viols, de pillages et de kidnappings.
Face à cette situation, Volker Türk a appelé les autorités haïtiennes à agir rapidement afin de mettre en place des structures judiciaires capables de lutter contre l’impunité et de restaurer l’État de droit.
Il a également exhorté à poursuivre le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.
En septembre, le Conseil de sécurité avait décidé de remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par cette nouvelle force, qui pourra compter jusqu’à 5.500 membres, composés de policiers et de militaires internationaux.
La communauté internationale reste mobilisée face à une crise humanitaire et sécuritaire qui continue de s’aggraver dans le pays caribéen, où les groupes criminels étendent leur contrôle sur de larges portions du territoire.
-
International4 jours agoMacabre découverte à Tijuana : un cadavre retrouvé à proximité du stade utilisé par l’Iran
-
International24 heures agoDu relatif anonymat à la célébrité : le gardien cap-verdien Vozinha conquiert les réseaux sociaux
-
International24 heures agoLe scrutin présidentiel péruvien reste indécis malgré l’avance de Fujimori
-
International2 jours agoUne docteure soupçonnée d’expériences sur des fœtus placée en détention provisoire
-
International2 jours agoHaïti : plus de 2.300 morts liés à la violence des gangs depuis le début de l’année

























