Connect with us

International

L’écosystème unique du désert d’Atacama menacé par les déchets du monde

Photo: Martin Bernetti / AFP

| Par AFP | Paulina Abramovich |

Le désert d’Atacama, dans le nord du Chili, est le réceptacle de tonnes de vêtements usagés, mais aussi de voitures et pneumatiques en fin de vie provenant du monde entier, une menace pour son écosystème unique. 

Des tonnes de vêtements jonchent les flancs des collines arides entourant la municipalité d’Alto Hospicio, dans la région de Tarapaca, à quelque 1.800 km au nord de Santiago. 

Dans la ville voisine d’Iquique, ce sont des milliers de voitures désossées provenant des Etats-Unis, du Japon ou de Corée qui s’entassent, tandis que dans d’autres zones de ce désert de plus de 100.000 km2, le paysage est défiguré par des centaines de pneus.

Le Chili s’est spécialisé depuis plus de quarante ans dans le commerce de vêtements d’occasion, entre habits jetés par les consommateurs, déstockages et bonnes oeuvres provenant du monde entier.

Advertisement
20260224_estafa_mh_728x90
previous arrow
next arrow

Selon les douanes chiliennes, en 2021, quelque 46.285 tonnes de vêtements usagés sont entrées dans le pays. 

Les vêtements, tout comme les voitures, entrent par la zone franche du port d’Iquique. Ils sont destinés au marché de l’occasion chilien ou à celui d’autres pays latino-américains. 

La plupart des voitures sont elles réexportées vers le Pérou, la Bolivie ou le Paraguay. Cependant, beaucoup terminent dans les rues d’Iquique ou sur les flancs des collines environnantes. 

Plus de la moitié des vêtements et chaussures produits, à bas coûts et à la chaîne, en Asie pour l’essentiel, finissent eux éparpillés dans le désert du fait de l’engorgement du circuit. 

Régulièrement, ces décharges sauvages sont incendiées afin d’en réduire les nuisances, provoquant cependant des épais nuages de fumées toxiques.

Advertisement
20260224_estafa_mh_728x90
previous arrow
next arrow

« Ces incendies sont très toxiques, car ce qui en émane est du plastique brulé », souligne auprès de l’AFP Paulín Silva, une avocate qui en mars a déposé une plainte contre l’Etat chilien auprès d’un tribunal dédié aux questions environnementales.

« Risque environnemental »

Originaire d’Iquique, Me Silva dénonce notamment la passivité de l’Etat face à ces décharges qui, assure-t-elle, constituent « un risque environnemental » et « un danger pour la santé humaine ».

« Ce sont les gens sans scrupules du monde entier qui viennent déverser leurs déchets ici », peste auprès de l’AFP Patricio Ferreira, le maire d’Alto Hospicio, l’une des villes les plus pauvres du Chili. 

« Nous avons nettoyé une fois et ils nous polluent dans un autre secteur », se plaint-il, se disant démuni face au problème. « Nous nous sentons abandonnés. Nous avons le sentiment que notre terre est sacrifiée », s’indigne-t-il.

Bien que considéré comme l’un des déserts les plus secs au monde –avec des précipitations qui n’atteignent pas les 20 millimètres par an dans certaines zones–, l’Atacama abrite un écosystème unique.

Advertisement
20260224_estafa_mh_728x90
previous arrow
next arrow

Dans sa partie la plus aride, près de la ville côtière d’Antofagasta, les scientifiques, dont la biologiste chilienne Cristina Dorador, ont découvert des formes de vie extrêmes: des micro-organismes capables de vivre quasiment sans eau ni nutriments malgré un rayonnement solaire extrême. 

Ces micro-organismes pourraient détenir les secrets de l’évolution et de la survie sur terre, mais aussi sur d’autres planètes, estiment-ils.

Un écosystème « très fragile »

Dans certaines zones proches de la côte, la brume permet à la végétation et aux animaux vertébrés de se développer, explique Pablo Guerrero, professeur de botanique à l’université de Concepcion, et chercheur à l’Institut d’écologie et de biodiversité (IEB). 

« L’existence de vie dans ces lieux est, en quelque sorte, un événement fortuit », indique-t-il, estimant qu’il s’agit d’une région où l’écosystème est « très fragile ». « Toute modification ou diminution du régime des précipitations et de la brume a immédiatement des conséquences sur les espèces qui y vivent ». 

Des dizaines d’espèces de fleurs aux dominantes mauves fleurissent ainsi lorsque les précipitations sont supérieures à la moyenne. Leur graines, enfouies sous le sable, peuvent survivre pendant des décennies en attendant un minimum d’eau pour germer, puis fleurir.

Advertisement
20260224_estafa_mh_728x90
previous arrow
next arrow

En raison du changement climatique, mais aussi de la pollution et de l’avancée des villes, certaines espèces de cactus ont cependant disparu. 

« Il y a des espèces de cactus qui sont considérées comme éteintes. Malheureusement, c’est un phénomène que l’on constate à grande échelle et avec une détérioration systématique ces dernières années », assure M. Guerrero.

La grande majorité des gens voient le désert d’Atacama comme de simples « collines dénudées » où le « lieu d’exploitations minières », regrette Carmen Serrano, présidente de l’organisation environnementale « Raices Endémicas ». 

Cette vaste étendue, tantôt rocailleuse, tantôt sablonneuse, abrite les plus grandes mines de cuivre au monde, ainsi que des mines de lithium, deux activités très gourmandes en eaux souterraines.

Advertisement
20260224_estafa_mh_728x90
previous arrow
next arrow

International

L’ONU alerte sur l’impact des séismes au Venezuela : près de 7 millions de personnes menacées

Près de sept millions de personnes pourraient être touchées par les puissants séismes qui ont frappé le Venezuela, a averti samedi l’Organisation des Nations unies (ONU), alors que le bilan dépasse désormais 1 400 morts et que plus de 50 000 personnes restent portées disparues.

Alors que le nombre officiel de victimes continue d’augmenter, l’ONU a indiqué que les dégâts matériels sont considérables. Les premières estimations évaluent les pertes à environ 6,7 milliards de dollars, soit près de 6 % du produit intérieur brut du pays pétrolier.

Sur le terrain, chaque minute compte près de 72 heures après les deux séismes qui ont frappé le pays mercredi, à moins d’une minute d’intervalle. Avec des magnitudes de 7,2 et 7,5, ces secousses sont considérées comme les plus importantes enregistrées au Venezuela depuis 126 ans et ont provoqué d’importantes destructions, notamment dans les zones côtières.

Les équipes de secours poursuivent leurs opérations de recherche, mais les chances de retrouver des survivants diminuent fortement après les premières 72 heures suivant une catastrophe de cette ampleur.

À La Guaira, la ville la plus touchée située à environ 40 kilomètres de Caracas, des habitants continuent de fouiller les décombres à la recherche de leurs proches disparus. Marlon Ochoa, survivant de l’effondrement d’un immeuble, affirme être toujours à la recherche de sa mère, de son épouse et de son fils, disparus après l’effondrement du bâtiment.

« Je ne vois toujours pas les autorités prendre en charge la situation dans cette zone », a déclaré Ochoa à l’AFP, faisant part de son désespoir face à la lenteur des opérations.

Il a également dénoncé le manque d’équipements nécessaires pour accélérer les recherches.

« On m’a dit qu’ils étaient en train de délibérer. Délibérer sur quoi ? Si personne n’arrive aujourd’hui, nous allons nous révolter, car nous avons besoin de machines, de générateurs, de perceuses, de tout », a-t-il déclaré.

« Nous sommes en colère. Nous avons besoin d’aide. Il y a des personnes vivantes sous les décombres et nous n’avons ni les moyens ni les outils pour les atteindre », a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, l’aide internationale, notamment l’assistance américaine, commence à arriver au Venezuela alors que les équipes de secours poursuivent leurs efforts dans les zones les plus touchées.

Continue Reading

International

Washington déploie des équipes spécialisées après les séismes meurtriers au Venezuela

Les forces armées des États-Unis ont commencé à mobiliser des ressources pour soutenir les opérations de secours et de reconstruction au Venezuela à la suite des deux puissants séismes qui ont frappé le pays mercredi, a annoncé jeudi le Commandement Sud des États-Unis (Southcom).

Dans un communiqué, l’organisme militaire basé en Floride a indiqué agir sur instruction du Département de la Guerre et en coordination avec le Département d’État afin d’appuyer les opérations humanitaires menées sur le territoire vénézuélien après les tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5.

« Nos forces conjointes se mobilisent rapidement pour mettre à disposition les capacités inégalées de transport aérien, de logistique et de sauvetage des forces armées américaines afin de sauver des vies et de soutenir le gouvernement du Venezuela pendant cette crise », a déclaré le Commandement Sud.

Dans le cadre de cette opération, les États-Unis ont constitué une équipe de planification composée de spécialistes du Bureau d’assistance humanitaire. Cette équipe aura pour mission de conseiller les autorités responsables de la coordination des secours et de la distribution de l’aide aux populations sinistrées.

Le Commandement Sud a également indiqué maintenir une étroite coordination avec plusieurs gouvernements alliés et partenaires de la région qui ont exprimé leur volonté de participer à l’effort international destiné à venir en aide aux victimes de la catastrophe.

Quelques heures plus tôt, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait confirmé s’être entretenu avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez. Il a également annoncé le déploiement d’équipes spécialisées de recherche et de sauvetage provenant du comté de Fairfax, en Virginie, ainsi que de la ville de Los Angeles, afin de renforcer les opérations dans les zones les plus touchées.

Selon le dernier bilan officiel communiqué par le gouvernement vénézuélien, les deux séismes ont fait au moins 164 morts et 971 blessés. Les secousses, survenues à seulement 39 secondes d’intervalle, sont considérées comme les plus puissantes enregistrées dans le pays depuis plus d’un siècle.

Mercredi, le président américain Donald Trump a ordonné à l’ensemble des agences fédérales de son administration d’agir « rapidement » pour apporter une assistance au Venezuela face à ce qu’il a qualifié de « nombre dévastateur de victimes ».

Cette mobilisation intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Washington et Caracas à la suite de la capture de Nicolás Maduro, alors que la communauté internationale intensifie ses efforts pour répondre à l’urgence humanitaire provoquée par la catastrophe.

Continue Reading

International

La Cour suprême valide une mesure limitant l’accès à l’asile à la frontière sud des États-Unis

La Cour suprême des États-Unis a autorisé jeudi l’administration du président Donald Trump à refuser les demandes d’asile présentées par des migrants à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

La décision, adoptée par six voix contre trois, avec l’opposition des juges de tendance libérale, ouvre la voie au rétablissement d’une politique controversée visant à réduire le nombre de migrants que les autorités frontalières doivent examiner afin de déterminer leur admissibilité à une protection internationale.

Au cœur du débat se trouvait l’interprétation du droit d’asile à la frontière américaine. Les magistrats devaient déterminer si les ressortissants étrangers doivent avoir physiquement franchi la frontière pour pouvoir déposer une demande d’asile ou s’il leur suffit de se présenter à un point d’entrée officiel.

Depuis plusieurs décennies, le gouvernement américain interprétait la législation en vigueur comme accordant le droit de demander l’asile aux personnes se présentant aux postes-frontières et affirmant craindre des persécutions en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité ou de leurs opinions politiques.

La question essentielle examinée par la Cour concernait la définition juridique du terme « arriver » sur le territoire des États-Unis.

Dans son avis majoritaire, l’aile conservatrice de la Cour a estimé que les migrants se trouvant encore au Mexique ne peuvent être considérés comme étant « arrivés » aux États-Unis simplement parce qu’ils ont tenté, sans succès, d’y entrer.

L’administration Trump avait demandé à la Cour suprême d’autoriser la réactivation de cette mesure, appliquée pour la première fois en 2016, dans le cadre de la politique de fermeté du président américain en matière d’immigration.

Cette décision représente une victoire importante pour l’administration Trump, qui cherche à renforcer le contrôle de la frontière sud et à limiter les flux migratoires vers les États-Unis.

Continue Reading

Trending

News Central