International
La France dénonce une « dérive répressive » au Nicaragua
AFP
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a dénoncé mardi « une véritable dérive répressive » au Nicaragua, après la mort en détention de l’opposant Hugo Torres.
« Il y a une véritable dérive répressive » du régime du président Daniel Ortega, « qui se traduit, là, maintenant, par la reprise des procès à huis clos contre 46 opposants » dont 18 ont déjà été condamnés, a déclaré le ministre devant les députés, dont « la figure historique du général Hugo Torres décédé à la suite des conditions déplorables de détention » qui lui ont été infligées.
Le pays latino-américain est le théâtre d’une « sanglante répression (…) en particulier depuis la réélection frauduleuse de Daniel Ortega le 7 novembre. Le régime du Nicaragua s’est doté d’un arsenal législatif répressif criminalisant toute opposition », a dénoncé M. Le Drian.
Hugo Torres, ancien héros de la guérilla sandiniste et opposant au président est mort en détention samedi à l’âge de 73 ans, huit mois après son arrestation en juin 2021, a annoncé sa famille.
« Nous communiquons avec une profonde douleur le décès de notre père adoré », selon un faire-part de la famille, publié par la plateforme de l’opposition Unité Bleu et Blanc (UNAB) dont faisait partie Hugo Torres.
Il avait été extrait en décembre de la redoutable prison d’El Chipote pour être hospitalisé, selon des proches.
Hugo Torres était vice-président du parti d’opposition Union Démocratique Rénovatrice (Unamos), issu en 1995 d’un courant du parti sandiniste aujourd’hui au pouvoir, en désaccord avec Daniel Ortega.
Il a été un des acteurs de premier plan de la lutte contre la dictature des Somoza et avait notamment mené une action de la guérilla pour libérer des prisonniers, dont Daniel Ortega lui-même.
Général en retraite, il avait été emprisonné dans le cadre des arrestations menées l’année dernière contre 46 opposants. Ces rafles ont été ordonnées quelques mois avant les élections de novembre qui ont permis à Daniel Ortega d’être élu pour un quatrième mandat consécutif, sans adversaire de poids, ceux-ci ayant été arrêtés ou contraints à l’exil.
Les opposants arrêtés sont sous le coup d’accusations de conspiration, de trahison ou d’atteinte à l’intégrité du pays.
Dix-huit d’entre eux ont été déclarés coupables par la justice nicaraguayenne au cours des deux dernières semaines, et sept des condamnés se sont vus infliger des peines de 8 à 10 ans de prison.
Selon l’ancienne guérillera sandiniste et opposante au gouvernement Monica Baltodano, en exil, le général Torres est mort en détention à l’hôpital.
Jean-Yves Le Drian a assuré que « la France est au rendez-vous de ce combat » avec ses partenaires européens, notamment en ayant adopté « des sanctions au mois de janvier dernier (…) contre 21 responsables de répressions et contre plusieurs entités impliquées dans les atteintes à l’état de droit, en incluant la vice-présidente Rosario Murillo qui est par ailleurs l’épouse du président Ortega ».
International
Le scrutin présidentiel péruvien reste indécis malgré l’avance de Fujimori
Keiko Fujimori conserve la tête du décompte officiel des voix de l’élection présidentielle péruvienne et a légèrement accru son avance sur son rival de gauche, Roberto Sánchez, qui a dénoncé plusieurs irrégularités dans le processus électoral, selon les résultats actualisés publiés mardi.
Avec 99 % des procès-verbaux dépouillés, Fujimori obtenait 50,097 % des suffrages contre 49,903 % pour Sánchez, d’après les données de l’Office national des processus électoraux (ONPE).
Toutefois, le résultat définitif n’a pas encore été proclamé. Les autorités électorales doivent encore examiner plusieurs procès-verbaux contestés représentant environ 256 000 votes, une procédure qui pourrait prendre plusieurs jours. Le second tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 7 juin.
L’ONPE a indiqué que le décompte final pourrait être achevé dans un délai allant de deux semaines jusqu’à la fin du mois.
Parallèlement, le parti de Roberto Sánchez, Juntos por el Perú, a dénoncé un manque de transparence de la part des organismes chargés du processus électoral, ainsi qu’un changement des règles électorales et diverses irrégularités. La formation politique n’a toutefois pas fourni de détails précis sur ces accusations.
Cette position marque un changement par rapport à celle adoptée une semaine plus tôt, lorsque Sánchez était en tête du décompte et que son camp avait annoncé qu’il respecterait le verdict des urnes quel qu’en soit le résultat.
Juntos por el Perú a par ailleurs convoqué une manifestation à Lima pour vendredi afin de défendre ce qu’il considère comme l’intégrité du vote populaire.
De son côté, Luis Galarreta, candidat à la vice-présidence sur le ticket de Fujimori, a affirmé que le parti Fuerza Popular attendrait la publication du décompte complet avant de revendiquer la victoire.
« Nous allons attendre la fin du processus avant de nous prononcer sur l’issue de l’élection », a déclaré Galarreta à la radio RPP.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne a indiqué que le second tour s’était déroulé dans un climat « calme et ordonné », malgré une campagne marquée par une forte polarisation politique.
Le scrutin a opposé Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), à Roberto Sánchez, considéré comme l’héritier politique de l’ex-président Pedro Castillo, actuellement emprisonné après sa tentative avortée d’autocoup d’État en 2022.
Il s’agit de la quatrième candidature présidentielle de Fujimori, tandis que Sánchez participait pour la première fois à une élection présidentielle.
Le vainqueur succédera au président par intérim José María Balcázar le 28 juillet prochain pour un mandat de cinq ans.
International
Du relatif anonymat à la célébrité : le gardien cap-verdien Vozinha conquiert les réseaux sociaux
Le gardien cap-verdien Josimar Dias, plus connu sous le nom de Vozinha, est passé du statut de joueur relativement discret sur la scène internationale à celui de véritable phénomène mondial grâce à son impressionnante performance face à l’Espagne lors de la Coupe du monde 2026.
Avant cette rencontre, le portier comptait un peu plus de 50 000 abonnés sur Instagram. Cependant, sa prestation exceptionnelle contre la sélection espagnole a déclenché un engouement spectaculaire sur les réseaux sociaux, lui permettant de gagner des millions de nouveaux abonnés en seulement quelques heures.
Cette ascension fulgurante lui a même permis de dépasser le Néo-Zélandais Tim Payne, qui était jusqu’alors considéré comme l’un des joueurs les plus populaires et viraux du tournoi.
À ce jour, Vozinha totalise déjà 8,2 millions d’abonnés sur Instagram, un chiffre qui continue de progresser à mesure que sa performance fait le tour des médias et des plateformes numériques à travers le monde.
La résistance et les arrêts décisifs du vétéran africain ont également été salués par la FIFA, qui l’a désigné meilleur joueur du match lors de la première apparition du Cap-Vert dans cette Coupe du monde.
Pour sa 89e sélection avec l’équipe nationale cap-verdienne, Vozinha a signé l’une des prestations les plus marquantes de sa carrière, devenant l’un des grands protagonistes du début du tournoi et un symbole de la combativité de son équipe sur la scène mondiale.
International
Haïti : plus de 2.300 morts liés à la violence des gangs depuis le début de l’année
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a alerté ce lundi sur l’ampleur de la violence des gangs en Haïti, qui a causé au moins 2.300 morts depuis le début de l’année, dans un contexte de grave dégradation sécuritaire dans le pays.
S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, le Haut-Commissaire Volker Türk a indiqué que cette violence avait également fait 1.100 blessés et conduit à 99 enlèvements sur la même période.
Haïti, considéré comme le pays le plus pauvre du continent américain, est confronté depuis plusieurs années à une insécurité chronique alimentée par des gangs armés, responsables d’homicides, de viols, de pillages et de kidnappings.
Face à cette situation, Volker Türk a appelé les autorités haïtiennes à agir rapidement afin de mettre en place des structures judiciaires capables de lutter contre l’impunité et de restaurer l’État de droit.
Il a également exhorté à poursuivre le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.
En septembre, le Conseil de sécurité avait décidé de remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par cette nouvelle force, qui pourra compter jusqu’à 5.500 membres, composés de policiers et de militaires internationaux.
La communauté internationale reste mobilisée face à une crise humanitaire et sécuritaire qui continue de s’aggraver dans le pays caribéen, où les groupes criminels étendent leur contrôle sur de larges portions du territoire.
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