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Dans le procès Floyd, le choix des jurés relève du casse-tête

AFP/Salle de presse

Le procès du policier accusé du meurtre de George Floyd s’ouvre lundi aux Etats-Unis avec la sélection des jurés, une phase cruciale et délicate qui, dans ce dossier ultra-médiatisé, s’annonce particulièrement épineuse.

« Les deux parties doivent sélectionner 12 jurés plus quatre suppléants », explique à l’AFP David Schultz, professeur à la faculté de Droit de Hamline. « Et le défi va être de trouver 16 jurés qui n’ont pas déjà pris leur décision. »

Le calvaire de George Floyd, étouffé par le policier Derek Chauvin le 25 mai à Minneapolis, a été filmé par une passante et diffusé en direct sur internet. Cette vidéo, devenue virale, est à l’origine de la plus grande mobilisation antiraciste depuis les années 1960 aux Etats-Unis.

La grande ville du nord du pays, où le procès va se tenir malgré les demandes de dépaysement de la défense, s’est embrasée la première, et est animée depuis des mois par un débat passionné sur le racisme et la police.

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Dans ce contexte, il est illusoire de chercher des jurés qui ignorent tout de l’affaire, ou qui n’en pensent rien, relève Jeffrey Frederick, un spécialiste des jurys qui a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet.

Pour que le procès soit équitable, « il faut qu’ils soient capables de mettre leurs opinions de côté », note-t-il toutefois.

– Armée de consultants –

Pendant trois semaines, le juge, l’accusation et la défense vont tenter de percer les esprits des jurés potentiels. Elles chercheront à identifier « les dangers potentiels pour leur cause » afin de les écarter, résume Steve Tuller, un consultant spécialisé dans cet exercice.

« On parle de sélection du jury, mais le terme est trompeur, parce qu’en fait, c’est plus le rejet des jurés », relève M. Frederick. 

En amont du procès, un questionnaire d’une quinzaine de pages a été adressé aux citoyens tirés au sort pour accomplir ce devoir civique.

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« Combien de fois avez-vous vu la vidéo » du drame ? « Avez-vous pris part aux manifestations ? », « Avez-vous déjà eu affaire à la police ? »… toute une série de questions visent à détecter les profils militants.

En parallèle, une armée de « consultants en jury » ont passé au crible les réseaux sociaux pour chercher les commentaires laissés par les recrues potentielles, les messages ou les photos postés lors de manifestations, etc.

« C’est un processus très intense, tout est stocké dans des bases de données », relève M. Frederick.

– Grimaces et silences –

A partir de lundi, ils seront sur le gril lors d’une procédure qui porte un terme français: « voir dire ».

Les parties vont « étudier leur communication verbale et non-verbale », explique M. Frederick: elles s’intéresseront à ce qu’ils disent, mais aussi à leurs hésitations, leur posture, d’éventuelles grimaces. 

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Le but: mettre au jour les préjugés dont les intéressés n’ont pas, eux-mêmes, toujours conscience.

L’accusation et la défense auront le droit d’écarter autant de jurés potentiels qu’elles le veulent, si elles ont une bonne raison.

Elles disposeront aussi d’un nombre limité de récusations discrétionnaires. Seule condition: qu’elles n’excluent pas les jurés « pour des raisons raciales ».

Mais « la plupart des Afro-Américains sont susceptibles de connaître quelqu’un qui a eu une expérience négative avec la police », relève Steve Tuller, et les avocats de Derek Chauvin pourraient être tentés d’en écarter une partie sur ce motif.

L’accusation pourrait alors contester ces récusations, et il reviendra au juge de trancher. 

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Autre difficulté pour les avocats de l’accusé: « il y aura beaucoup de pressions sur les jurés pour qu’ils rendent un verdict de culpabilité », note M. Tuller. D’abord parce qu’un acquittement pourrait déclencher des émeutes dans leurs quartiers, mais aussi parce qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes auprès de leur entourage.

L’accusation a elle aussi beaucoup à perdre dans l’exercice: si un seul juré refuse de déclarer le policier coupable, cela suffira à annuler l’intégralité du procès.

Il faudra alors reprendre toute la procédure à zéro.

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À sept mois de sa libération, 25 propriétés d’Antonio Saca passent à l’État salvadorien

À sept mois de la libération de l’ancien président salvadorien Elías Antonio Saca, qui purge une peine de dix ans de prison pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent, le tribunal spécialisé en extinction de domaine a ordonné que 25 biens immobiliers ainsi que les fonds de huit comptes bancaires — pour un total de 9,6 millions de dollars — soient transférés à l’État.

Saca a été arrêté le 31 octobre 2016 et condamné en 2018 dans le cadre d’une procédure abrégée après avoir reconnu les deux délits et admis qu’avec un cercle proche d’alliés il s’était approprié 301 millions de dollars de fonds publics. Sa peine de dix ans prendra fin le 31 octobre 2026, et il devrait quitter la prison de Mariona le 1er novembre de cette année.

Selon le Bureau du procureur général de la République, les enquêtes ont établi que Saca a utilisé sept sociétés écrans pour détourner des fonds publics entre 2004 et 2009 afin d’acquérir des propriétés situées dans des zones exclusives de San Salvador, La Libertad, La Paz et San Vicente.

Parmi les biens qui passent désormais sous contrôle de l’État figurent plusieurs propriétés achetées avec des fonds provenant du compte institutionnel du Trésor public de la présidence entre 2004 et 2009.

Trois domaines agricoles figurent également parmi les actifs confisqués. L’un d’eux s’étend sur 400 manzanas et se situe à El Cauca, dans la municipalité d’El Rosario, département de La Paz. Les deux autres sont l’hacienda Lombardía, à El Amate dans le même département, et l’hacienda San Mauricio, située à Tecoluca, dans le département de San Vicente.

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Le bien le plus coûteux reste toutefois la résidence connue sous le nom de « mansión Saca », où l’ancien chef d’État vivait jusqu’à son arrestation. Cette propriété est située dans la finca Linda Vista, dans le canton El Carmen, dans le quartier résidentiel Escalón de San Salvador.

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Le trafic maritime suspendu dans le détroit d’Ormuz, selon les Gardiens de la Révolution

Les Gardiens de la Révolution iranienne ont affirmé que le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, n’était plus sûr en raison des attaques menées par Israël et les États-Unis, et qu’il avait été fermé aux navires ce samedi, selon des médias locaux.

L’agence de presse Tasnim a indiqué que les Gardiens de la Révolution avaient averti plusieurs navires de « l’insécurité autour du détroit en raison de l’agression militaire des États-Unis et d’Israël et de la riposte de l’Iran », précisant qu’il n’était pas sûr de le traverser pour le moment.

« Avec l’arrêt du passage des navires et des pétroliers par le détroit d’Ormuz, celui-ci est de facto fermé », a ajouté Tasnim.

De son côté, la mission navale de l’Union européenne en mer Rouge, Aspides, a confirmé l’information à l’AFP. Selon le lieutenant-colonel Sócrates Ravanos, des bâtiments ont reçu des messages radio en haute fréquence dans lesquels les forces iraniennes affirment qu’« aucun navire n’est autorisé à traverser le détroit d’Ormuz ».

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Guatemala : 26 arrestations après l’assassinat de dix policiers

Les forces de sécurité guatémaltèques ont arrêté 26 personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’assassinat de dix agents de la Police nationale civile (PNC), survenu le dimanche 18 janvier lors d’attaques coordonnées attribuées au gang Barrio 18, a annoncé mardi le gouvernement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Marco Villeda, a précisé que les personnes interpellées seraient membres de cette organisation criminelle et que les arrestations ont été effectuées dans le cadre de l’état de siège décrété après ces violences.

Les dix policiers ont été tués lors d’attaques simultanées perpétrées en différents points de la ville de Guatemala, en représailles à la reprise du contrôle de trois établissements pénitentiaires où des mutineries avaient éclaté le samedi 17 janvier.

L’état de siège a été décrété le 18 janvier par le président Bernardo Arévalo de León et restera en vigueur jusqu’au 18 février. Cette mesure exceptionnelle autorise notamment les forces de sécurité à procéder à des arrestations sans mandat judiciaire, dans le cadre de la lutte contre les structures du crime organisé.

« Nous sommes déterminés à résoudre cette situation, quel qu’en soit le coût politique », a déclaré Marco Villeda, affirmant qu’il n’y aurait « ni trêve ni concessions » à l’égard des groupes criminels opérant dans le pays.

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De son côté, le président Arévalo a assuré que les récentes actions du gouvernement marquent un tournant en matière de sécurité. « Le crime organisé ne gouverne plus les prisons du Guatemala », a-t-il affirmé lors de la même conférence de presse.

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